L'auteur de cette lettre espère que la commission parlementaire sur l'avenir des médias d'information permettra de trouver comment assurer leur survie, mais aussi comment maintenir les emplois et les conditions de travail qui permettent la production d’une information de qualité.

Crise des médias: cette fois doit être la bonne

OPINIONS / L’auteur, Denis Bolduc, est président du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ).

Lundi s’amorce à Québec une commission parlementaire décisive pour rien de moins que la pérennité de la vie démocratique québécoise. La commission sur l’avenir des médias d’information survient tout juste une semaine après que le Groupe Capitales Médias se soit placé, avec ses six quotidiens, à l’abri de ses créanciers.

Si rien n’est fait au-delà des cinq millions de dollars annoncés par Québec cette semaine, Le Soleil (Québec), Le Droit (Ottawa-Gatineau), La Tribune (Sherbrooke), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), La Voix de l’Est (Granby) et Le Quotidien (Saguenay) – de véritables institutions qui font partie de l’ADN de leur région – pourraient disparaître. Les Québécois sont sous le choc.

On répète pourtant ad nauseam depuis des années qu’il y a une crise dans les médias, mais des solutions tardent à être mises en place pour remédier à l’exode des revenus publicitaires vers des géants du Web comme Google et Facebook. Ces derniers ont grossi en vampirisant le contenu produit par les médias traditionnels… et en ne donnant rien en retour, pas même leur juste part de taxes et d’impôt. Même si Québec a bougé sur ce plan en demandant aux GAFA de percevoir la TVQ depuis janvier, rien n’est en vue du côté d’Ottawa pour rétablir l’équilibre fiscal à court terme et les journaux attendent toujours l’aide promise dans le dernier budget fédéral.

La valeur inestimable d’une marque d’information fiable

On dit souvent que «les journalistes sont les chiens de garde de la démocratie» et ce n’est pas une lubie. À l’aube du déclenchement d’une campagne électorale fédérale et à l’ère des «fake news», le journalisme est plus essentiel que jamais et la valeur démocratique de marques d’information fiables comme Le Nouvelliste, Le Soleil, ou les autres journaux de Groupe Capitales Médias est immense.

Espérons que cette énième consultation sera la bonne. Elle doit permettre non seulement de trouver comment assurer la survie des médias qui sont à la base de notre démocratie, mais aussi comment maintenir les emplois et les conditions de travail qui permettent la production d’une information de qualité partout au Québec. Le gouvernement Legault doit rapidement développer une solution globale qui s’adresse autant aux journaux, qu’à la télévision et à la radio. Il doit également faire pression sur Ottawa afin que la fiscalité et la réglementation soient adaptées au numérique pour éviter la fermeture d’autres médias.