L'arrivée de Pierre Karl Péladeau, fort de son expérience économique, au sein du mouvement souverainiste est une victoire pour l'auteur, un militant de longue date.

Crier au loup

L'arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la ronde électorale au Québec a provoqué un grand nombre de réactions, positives pour les unes, et certaines négatives. D'un côté, pour les partis politiques qui n'ont pas eu la chance de le voir rejoindre leurs rangs, on reproche à PKP d'être ce qu'il est, un homme riche, une réussite, un «antisyndicaliste», et au Parti québécois qui l'a accueilli de trahir sa soi-disant idéologie de gauche, une idéologie que ces mêmes partis n'arrêtent pas de discréditer.
On reproche aussi au PQ d'accueillir un homme qui, par ses connexions intimes avec une partie de la presse québécoise, est susceptible de «manipuler l'opinion publique» et donc de désinformer les électeurs et la population.
De l'autre côté, étant donné les liens bien connus entre certains partis politiques et un autre empire économique et médiatique, celui-ci canadien et fédéraliste, on tient pudiquement sous silence les manipulations et biais d'information dont bénéficient ce parti et ses ténors.
De plus, qui a dit que Pierre Bourgault, le précurseur du Parti québécois, puis René Lévesque son fondateur et, tant qu'à y être, Pierre-Marc Johnson, Bernard Landry, Jacques Parizeau étaient «de gauche», voire qu'ils se situaient eux-mêmes ou situaient leur idéologie d'un côté ou de l'autre, sinon du côté du peuple québécois?
À quoi rime cette identification du Parti québécois comme un «parti de gauche», alors que, on l'a dit, le PQ a été dès le début une coalition d'intérêts pour l'indépendance politique du Québec?
Et finalement, si quelqu'un craint qu'un éventuel PKP devienne premier ministre du Québec et impose sa dictature (de droite) à son parti et à la population entière, holà! Nous ne sommes plus au temps de Maurice Duplessis et de l'Union nationale, un parti qui s'était résigné à obtempérer aux quatre volontés de son «chef».
Le PQ, ses membres et son parti sont, on l'a vu, une démocratie plutôt vigoureuse: René Lévesque et ses successeurs peuvent en témoigner, eux qui ont été contestés et blackboulés à plus d'une reprise par ceux-là mêmes qui les entouraient.
Monsieur Péladeau est certes un homme important dans l'économie du Québec, un homme qui a décidé de venir sur l'avant-scène, courageusement je crois, tandis que d'autres restent dans les coulisses. Comme n'importe qui, il a droit à sa chance de montrer ce qu'il peut faire pour le Québec.
Louis Laurencelle
Trois-Rivières