Contrôle des insectes piqueurs: une mise au point s’impose

L’auteur, Michel Angers, est maire de la Ville de Shawinigan. Il réagit ici à la lettre de Chantal Caron intitulée «La fabrication du consentement», publiée le 3 juillet.

OPINIONS/  C’est avec beaucoup d’étonnement que j’ai pris connaissance de la lettre d’opinion qui est parue ce vendredi 3 juillet dans notre quotidien Le Nouvelliste et, surtout, du ton qui a été utilisé. Je n’accepterai jamais qu’on m’accuse de manipulation et de mauvaise foi dans quelque dossier que ce soit. Je n’accepte pas plus les insinuations selon lesquelles les citoyens de Shawinigan «ne soient pas écœurés de se faire enfirouaper»! Madame Caron utilise des propos mensongers et diffamatoires que je n’accepte pas. J’espère que c’est la dernière fois qu’elle le fera.

Quant à la démarche du conseil afin de procéder au contrôle de certains insectes piqueurs, je vous rappelle qu’elle est cautionnée depuis le début et de façon unanime par l’ensemble des conseillers et conseillères municipaux qui se sont succédé depuis la mise en place de l’épandage du BTI en 2012. Cette décision a été prise à la suite de demandes répétées de citoyens qui souhaitaient améliorer leur qualité de vie.

En effet, un projet pilote a été mis en place dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides pour vérifier l’efficacité du produit et pour voir la satisfaction des citoyens. Nous avons tenu des rencontres citoyennes où la très grande majorité des citoyens du secteur nous ont demandé de continuer l’épandage. Face à ce succès, le conseil municipal a décidé de l’étendre à l’ensemble de la population avec comme objectif de permettre aux citoyens de pouvoir profiter de l’été sans être incommodés par les insectes piqueurs.

Notre division de l’environnement a fait les démarches nécessaires pour nous assurer que tout soit fait selon les règles de l’art et en tout respect de l’environnement. Le BTI est homologué par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de santé Canada. Au Québec, son utilisation est encadrée par la Loi sur la qualité de l’environnement. De plus, l’épandage est permis par notre réglementation municipale.

Au cours des derniers mois, quelques personnes nous ont interpellés publiquement sur l’utilisation du larvicide BTI à Shawinigan. Nous avons donc décidé de sonder notre population afin de connaître leur opinion à ce sujet. La très grande majorité de nos citoyens, soit 87 % des répondants, est favorable au service de contrôle des insectes piqueurs. Questionnés sur la perception des effets de l’épandage du BTI sur la santé, 75 % des répondants estiment qu’il ne représente aucun danger. Quant à son impact sur l’environnement, 69 % des citoyens considèrent qu’il ne représente pas de danger. Ce sondage scientifique indépendant a été réalisé auprès de 1047 personnes.

À la lecture de la lettre d’opinion de madame Caron, je suis estomaqué de voir qu’elle considère les citoyens de Shawinigan comme étant incapables d’avoir un jugement correct sur cette question. C’est comme s’il n’y avait que ceux qui s’opposent qui ont raison! Je crois sincèrement que les citoyens et citoyennes de Shawinigan sont suffisamment intelligents et informés pour être capables de prendre position dans ce dossier. J’ai eu d’innombrables commentaires positifs sur les médias sociaux nous demandant de continuer et nous remerciant de le faire. J’ai confiance au jugement de notre population.

J’ai toujours été respectueux de la démocratie et de la majorité qui s’exprime. Quand on parle d’acharnement, il faut aussi être capable de se regarder dans le miroir!

Et si on applique le fameux «principe de précaution» si souvent mentionné, il faudra peut-être songer à enlever les bateaux à essence sur les lacs et rivières, empêcher les feux de camp ou les feux de foyer ou pourquoi pas empêcher les voitures à essence de rouler, compte tenu de leur impact sur l’environnement! Il faut être capable de bien faire la part des choses dans toutes ces options!

Pour le conseil municipal de Shawinigan, le choix que nous avons fait avec le BTI est de beaucoup préférable à l’application de répulsif sur le corps de nos enfants.

Si les deux paliers de gouvernement changent d’orientation, nous verrons à nous ajuster à ce moment-là.