Manifestation à Shawinigan.

Confession d'un mauvais membre du Syndicat des enseignants

Oh! chères instances syndicales, je me confesse, car j'ai péché.
Je vous demande pardon, car depuis plusieurs années je m'implique dans différents comités à mon école, tout comme un grand nombre de mes collègues, et ce non pour une quelconque compensation, mais bien parce que ça rend mon travail encore plus valorisant et ça me permet de créer davantage de liens avec les élèves.
Je vous demande pardon, car à quelques reprises, je n'ai pas porté mon t-shirt bleu comme vous nous l'avez demandé. Alors, si les négociations n'avancent pas aussi rapidement que vous le désirez, c'est un peu à cause de moi.
Je vous demande pardon, car j'ai eu de mauvaises pensées. Il m'est arrivé de me dire que la grève était un moyen de pression dépassé, inefficace, servant surtout à remplir les coffres de l'État et réservé à des étudiants voulant jouer de la casserole.
Je vous demande pardon, car souvent ce sont mes élèves qui me rappellent qu'il y a une pause allongée. Ce moyen de pression les rend tellement heureux. Ça va être difficile pour eux de s'en passer lorsque notre entente sera signée.
En terminant, je vous demande pardon, car lors de la première assemblée, je n'étais pas là pour voter. Je doute que vous m'en vouliez étant donné que pour moi les trois premiers jours de grève étaient de trop. Voilà pourquoi je prie tous les saints du ciel pour qu'il n'y ait pas trois autres jours de grève. Le cas échéant, je devrais commettre d'autres péchés syndicaux qui m'éloigneraient encore plus du Paradis.
Pour toutes ces raisons, je vous demande pardon.
Martin Turcotte
enseignant au secondaire
Trois-Rivières