Cohabitation et gros bon sens

ÉDITORIAL / Ainsi donc, il semble que la cohabitation de deux équipes soit maintenant le plan A en ce qui a trait à l’occupation du nouveau Colisée. Si cela se concrétise, il semble bien que ce soit la solution la plus souhaitable ou du moins la plus acceptable dans les circonstances.

Il faut dire «dans les circonstances» parce que tout ça aurait dû être en partie réglé ou au moins défriché avant même de construire le nouvel aréna. Mais bon, puisque ce n’est pas le cas, il faut maintenant trouver la moins pire des solutions et il semble que la cohabitation apparaît en tête de liste dans les résultats de recherche.

C’est en tout cas ce qui ressort d’une présentation préliminaire effectuée en séance de travail réunissant les élus et les fonctionnaires de la Ville de Trois-Rivières, en début de semaine. Comme le faisait remarquer le collègue Steve Turcotte dans ces pages, c’est tout un revirement, puisque le maire n’a jamais caché sa préférence pour le projet des Patriotes et qu’un certain flou enrobait les approches préliminaires faites par le promoteur Dean MacDonald pour une équipe de la East Coast Hockey League et une hypothétique affiliation avec le Canadien de Montréal.

Mais si c’est maintenant la cohabitation de ces deux équipes qu’on envisage, alors c’est peut-être une planche de salut pour le Colisée. Ou à tout le moins la cuillerée de sucre qui fait mieux passer le remède, pour reprendre une image – et une chanson – de Mary Poppins.

Parce que si cette occupation en colocation se concrétise, il faudra procéder à des aménagements, notamment si les deux équipes veulent avoir leurs quartiers respectifs à l’intérieur du Colisée. Cela pourrait vouloir dire un vestiaire supplémentaire, des bureaux, un local d’entraînement. Cela voudrait surtout dire dépassements de coûts.

Mais si c’est ce que ça prend pour atténuer l’impact d’un amphithéâtre sportif qui sera difficile à remplir, alors ce n’est peut-être pas plus mal. Une infrastructure de cette taille ne serait pas la première à devoir faire face à des coûts supplémentaires. Si on ne peut pas remplir les 4500 sièges du Colisée, il faudrait au moins donner l’impression qu’il est un équipement nécessaire.

En ce sens, l’occupation exclusive, par l’une ou l’autre des deux organisations qui ont fait des présentations jusqu’à maintenant, devrait être maintenant vue comme étant un scénario à éviter.

La récente saison des Patriotes nous démontre, par exemple, qu’une équipe universitaire peut difficilement remplir un calendrier d’occupation qui va de septembre à mai. La saison de l’équipe de l’UQTR a pris fin en plein mois de février, après quatorze parties en saison régulière et quatre matchs locaux en séries éliminatoires. Dix-huit événements de hockey ne remplissent pas le calendrier d’un aréna.

L’ouverture démontrée au cours des dernières semaines par Dean MacDonald laisse croire qu’il pourrait y avoir suffisamment de flexibilité pour que les deux organisations trouvent, avec la Ville, un terrain d’entente. Il en va de l’intérêt des contribuables.

D’ailleurs, même avec la meilleure des cohabitations, il serait important de prévoir aussi du temps de glace pour les citoyens ou pour des équipes de niveaux inférieurs. Un des objectifs derrière la construction du Colisée était d’améliorer l’offre et le temps de glace. Avec la fermeture annoncée de l’aréna Jean-Guy Talbot, cela devient encore plus significatif.

Ainsi, au moins, on aurait un scénario qui aurait comme principal avantage de plaire au plus grand nombre et de faire perdre la face à moins de monde.