La nouvelle mairesse de Montréal a rencontré les citoyens lundi matin, notamment au métro Square-Victoria-OACI. Elle s’est prêtée aux séances d’accolades et d’égoportraits.

Chapeau, mesdames!

Montréal peut bien célébrer, avec raison, l’élection de sa première mairesse. Il s’agit certainement d’un modèle fort et inspirant pour l’engagement des femmes dans la vie politique.

Mais la représentation féminine, dans la région, se porte plutôt bien à l’issue des élections municipales de dimanche. Soixante-treize pour cent des femmes qui briguaient les suffrages à un poste de mairesse ou de conseillère ont remporté leur pari. C’est très significatif et très réjouissant.

Il y a un mois à peine, lors de la fin de la période des mises en candidature, on remarquait la timide progression du nombre de femmes candidates par rapport aux dernières élections, en 2013. 

Pour l’ensemble du territoire desservi par Le Nouvelliste, qui correspond à la totalité du territoire de la Mauricie et aux MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska, soit 70 villes ou municipalités au total, ce sont 205 femmes qui sont candidates à un poste de mairesse ou de conseillère municipale, comparativement à 507 hommes. Cela donnait un ratio de 28,8 %.

Au lendemain de l’élection, près des trois quarts des femmes candidates ont été élues, avec ou sans opposition. 

En Mauricie, on compte 107 élues dont cinq mairesses sur les 148 femmes qui ont posé leur candidature. Dans la portion septentrionale du Centre-du-Québec, on compte 43 élues, dont quatre mairesses, sur les 57 femmes qui briguaient les suffrages.

Au total, pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, on se retrouve avec une proportion de 29,6 % d’élues, ce qui est légèrement supérieur au ratio de candidates. 

Il faut saluer chacune de ces progressions, même s’il y a encore du chemin à faire pour que les femmes se sentent davantage interpellées et qu’elles prennent la place qui leur revient. Les femmes constituent la moitié de la population québécoise, ne l’oublions pas. 

Elles doivent prendre part, au même titre que les hommes, aux décisions. Une plus grande présence des femmes au sein des instances permet une meilleure prise en compte des réalités et des besoins diversifiés de la population.

Heureusement, la multiplication des modèles pourrait faire avancer les choses de façon significative. Déjà, le fait que la métropole soit maintenant dirigée par une femme constitue une extraordinaire avancée. Au Québec, des villes d’importance comme Brossard, Longueuil, Saguenay, Rouyn-Noranda et Sainte-Julie sont maintenant dirigées par des femmes. 

Chez nous, il est intéressant de constater que les femmes sont majoritaires au conseil municipal de Sainte-Angèle-de-Prémont, de Saint-Tite, de Sainte-Anne-de-la-Pérade, de Sainte-Ursule, de Saint-Élie-de-Caxton, de Saint-Justin et de Trois-Rives. 

À Shawinigan, les femmes représentent maintenant pour 50 % du conseil municipal. À Trois-Rivières, trois des sept nouvelles figures au conseil sont des femmes, ce qui porte le total à cinq sur quatorze membres du conseil. Ici, on s’est éloigné de la parité qu’on avait atteinte en 2009.

Ça fait beaucoup de chiffres, tout ça. Beaucoup de statistiques. Mais pourquoi encore insister sur la nécessité de voir plus de femmes en politique? Parce qu’au-delà de la représentation plus fidèle au portrait démographique du Québec et de ses communautés, il y a une différence entre l’approche féminine en politique et la façon de faire de leurs collègues masculins. 

Plusieurs femmes en politique ont souvent déclaré qu’elles avaient l’impression de faire de la politique différemment, avec plus de sensibilité, plus de respect, plus d’humanité et en étant davantage portées sur la concertation plutôt que sur la confrontation.

Ça, c’est un modèle intéressant si on souhaite deux choses: combattre le cynisme de la population envers la politique et augmenter la participation électorale.

Fait intéressant à noter: on vient aussi de faire, en plusieurs endroits, une place intéressante aux jeunes dans le monde municipal. Vraiment, il se passe quelque chose. Lentement, mais il se passe quelque chose.