Les activités sont de retour à la normale dans les centres de prélèvements sanguins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Chaos dans les laboratoires du CIUSSS: on n'a encore rien vu!

La semaine dernière, une fâcheuse série de problèmes, informatiques et mécaniques a perturbé les laboratoires de biologie médicale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).
À tel point que la direction a dû aviser la population de ne pas se présenter dans les centres de prélèvement. Même si les services étaient assurés pour les cas urgents et pour les patients hospitalisés, les délais de traitement et de transmission des rapports étaient plus longs que d'habitude car les technologistes ont dû procéder manuellement aux analyses et transmettre des rapports imprimés. 
Des patients dont les échantillons n'ont pu être analysés dans les délais prescrits devront se présenter à nouveau et obtiendront ainsi leurs résultats avec plusieurs jours de retard. Quelque 1500 prises de sang auraient ainsi été faites inutilement.
Or, ces difficultés n'étaient qu'un aperçu de ce qui attend le réseau lorsque la démarche OPTILAB (l'« optimisation» des laboratoires) sera implantée et que la grande majorité des échantillons prélevés dans les nombreux établissements de la région sera centralisée au laboratoire de Trois-Rivières. C'est ce que redoutent les technologistes membres de l'Alliance du personnel professionnel et techniques de la santé et des services sociaux (APTS).
Le ralentissement des opérations des derniers jours a perduré au-delà du virus qui a affecté le réseau informatique et du bris des analyseurs en raison d'un dysfonctionnement du système d'information des laboratoires (SIL) qui transmet les résultats. 
Puisque la centralisation des activités des laboratoires prévue avec OPTILAB s'appuiera sur ce système, le bris d'un seul élément dans le laboratoire serveur basé à Trois-Rivières pourra paralyser les services sur tout le territoire et entraîner la reprise de centaines d'échantillons provenant de partout dans la région.
Les technologistes de l'APTS appréhendent depuis plusieurs mois l'implantation du projet OPTILAB, notamment en raison des risques associés à la concentration des ressources et de l'expertise en un seul endroit auxquels cette réorganisation exposera la population. 
Ces incidents démontrent, avant même son déploiement, que leurs appréhensions sont justifiées. Profitons de cet avertissement pour corriger le tir avant qu'il ne soit trop tard.
Sylvie Godin
Représentante de l'APTS dans la région de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, 
Trois-Rivières