Que fera-t-on pour éviter que le jour de l’élection municipale ne s’apparente de plus en plus à une sombre nuit d’Halloween?

Cauchemar d’Halloween

Bertrand de Jouvenel des Ursins, connu sous le nom de Bertrand de Jouvenel, un politologue français réputé, affirmait dès 1972 que les premiers ministres des démocraties occidentales étaient devenus des Princes tellement leurs pouvoirs étaient sans limites. Il appelait notre système politique un Principat!

On pourrait dire aujourd’hui que le pouvoir d’un premier ministre n’est rien en comparaison avec celui des nouveaux maires issus des municipalités fusionnées. 

Il est devenu presque impossible de dégommer ces nouveaux monarques de leur siège devenu un trône. 

Si les partis d’opposition au provincial comme au fédéral ne peuvent que crier leurs désaccords pendant quatre ans, le concept même d’opposition semble complètement disparu du portrait municipal. Les conseillers dans ces nouvelles municipalités sont la plupart du temps tenus en laisse soit par la crainte de perdre leur rémunération soit par la peur bien réelle de déplaire au monarque. Une seule coche mal taillée vous vaudra rien de moins que la guillotine.

Les élections municipales se tenant au Québec pratiquement en même temps que l’Halloween, on a l’impression que notre carrosse électoral se changera éternellement en citrouille l’automne venu, un cauchemar duquel il semble impossible de s’extirper. 

Plusieurs personnes bien avisées suggèrent pour enfin sortir de ce mauvais rêve, que les politiciens municipaux se retirent après avoir complété deux mandats. Les avantages de cette mesure en termes de transparence, de démocratie, et surtout comme pilule anti-patronage l’emporteraient sur l’inconvénient de se priver de la présence éternelle d’un présumé sauveur. 

La crise dans le monde municipal devient aiguë. C’en est rendu que les candidats qui osent se présenter contre les Coderre, Labeaume, Angers et Lévesque, entre autres, se font dire qu’ils s’en vont carrément à l’abattoir. Et que dire des braves recrues aux postes de conseillers qui se retrouvent démunies devant le festival de l’asphalte qui se déroule immanquablement fin octobre tous les quatre ans. 

Les élections municipales au Québec sont devenues au fil du temps des couronnements récurrents, les ressources des organisations en place depuis des lunes étant presque sans limites. 

Dans ce contexte, que fera-t-on pour éviter que le jour de l’élection municipale ne s’apparente de plus en plus à une sombre nuit d’Halloween?

Pascal St-Pierre

Trois-Rivières