«Y’est chez eux, y peut-tu faire c’qui veut!?»

OPINIONS / Précepte non pas tiré du Coran, ni d’un texte biblique archaïque, toutes confessions confondues, mais une sublime citation d’un avocat, on le devine de sexe masculin, pour le compte de Monsieur dans une cause en divorce en juin 2015. Oui, 2015!

Déclaration citée hors contexte me direz-vous? Justement le contexte se révèle aggravant: Monsieur a littéralement scindé la résidence de la famille en deux, pour s’y loger avec sa maîtresse. Comme ce juriste se plaît à commenter l’actualité dans les médias, il croit certainement bénéficier de ce fait, d’une certaine légitimité dans ses propos. Alors c’est, de surcroît, pathétique et inexcusable.

L’actualité nous a fait vivre récemment une autre histoire d’horreur. Un autre Lépine, Turcotte, Fradette qui tue la femme, ou ses enfants, pour la tuer davantage, vivante. Je me délecte de la récente publication de Manon Massé à la suite de ce sinistre événement. Je résume ses propos: appelons un chat un chat. Oui, il peut y avoir des femmes chiantes, contrôlantes, mesquines, profiteuses, etc., mais la bonne nouvelle est que le concept de «jusqu’à ce que la mort vous sépare» est révolu.

Dans le texte de Manon, c’est l’homme qui tue la femme, la maltraite, la domine et même si c’est lui qui la quitte, l’humilie, s’acharne, l’écrase. Y a-t-il une tare génétique, une mutation dérivée de l’époque préhistorique qui chemine chez un certain segment de la population principalement masculine? Une génétique intrinsèque qui n’accepte pas que la proie s’échappe, ou pire, prenne le dessus? Pourquoi cette race d’hommes «durs», dure et perdure?

Pourtant, il y en a tant d’autres, hommes, diamétralement à l’opposé, et malgré les époques. Par exemple, mon père, bien que né dans les années 20, a élevé ses filles et ses garçons en toute égalité, a été un mari aimant, respectueux envers sa femme et la valorisant en toute occasion.

Je m’inquiète à savoir si notre évolution avantagera la race de mon père ou celle du taré? Je demeure préoccupée, car ces derniers trouvent encore des femmes pour leur faire des enfants, et encore tant de personnes de leur entourage se taisent.

Mais où sont les hommes, les autres? Dans l’histoire du placardage sauvage de la résidence familiale, encore plus invraisemblable que celle du film «La Guerre des Roses», l’entourage immédiat de Monsieur, le père, le beau-frère et le mari de la nièce, n’a rien fait, rien dit, sous la bénédiction de l’avocat. Wow, c’est fort un boys club! Qui la protège alors?

La police? Allons donc! Même quand ta porte est clouée par des deux par quatre, tes effets personnels répandus partout et d’autres confisqués: Madame on ne peut rien faire, vous nous rappellerez quand il y aura une «vraie» scène de crime. Entre temps, on va vous donner des constats d’infraction chaque fois que vous allez monter le son de votre musique pour masquer le bruit de votre cohabitation malsaine. Ça me rappelle ma cour d’école des années 70 où la terreur de l’école, bien masculine, sévissait en toute impunité tant que le sang ne coulait pas. C’est désolant que le patrimoine familial protège les valeurs économiques, mais non les personnes.

La législation? Quand le professeur émérite Alain Roy met plus d’efforts médiatiques à protéger les animaux de rodéo que de tenter de mettre du mordant à l’avis de protection de la résidence familiale, pour notamment encadrer le travail des policiers, je me dis qu’il y a encore bien du chemin à faire. On évolue moins vite que la technologie. À quoi bon aller peupler d’autres planètes, civilisons la nôtre d’abord.

En 1989, mon amie Annie St-Arneault est tombée sous les balles de Lépine car son talent le menaçait. Quel gâchis! J’ai mis au monde une fille. Je rêve de la voir évoluer dans une relation égalitaire, de partage et de respect.

Patricia Charette

Trois-Rivières