Yves Lévesque

Voiture hybride et fleur de lys: la politique spectacle de M. Lévesque

OPINIONS / C’est avec une mise en scène que le candidat conservateur dans Trois-Rivières, M. Yves Lévesque, est arrivé dans son local électoral au volant d’une voiture hybride orné d’une fleur de lys: un bel exemple de politique spectacle.

Face à cette manœuvre politique, il est bon d’aller au-delà de l’écran de fumée. Le candidat prétend que lui et son parti ont à cœur l’environnement et les intérêts du Québec. Pourtant, c’est bien l’ex-maire Yves Lévesque qui appuyait la construction de l’oléoduc Énergie Est sur notre territoire et dans notre municipalité. Projet d’oléoduc avorté, que son parti veut d’ailleurs relancer.

En quoi un oléoduc qui traverserait de part en part notre belle province au risque de polluer nos rivières, dont la rivière Saint-Maurice, serait dans l’intérêt du Québec? Un pétrole albertain destiné à l’exportation qui plus est. Je veux bien croire que son parti n’est pas là pour représenter les intérêts de l’Ontario, comme il l’affirme dans l’édition du Nouvelliste du 24 août dernier, mais ils ne représentent certainement pas les intérêts des Québécois. Le Parti conservateur n’a d’yeux que pour l’Alberta. Qu’on se le dise: c’est un parti albertain pour les Albertains. Prétendre que son parti a la «fibre nationaliste» relève davantage d’une démarche populiste aisément identifiable dans son discours: «On est Québécois. Je suis Québécois». À ce compte-là, n’importe quel candidat pourrait en dire autant. Cela ne constitue en rien une position nationaliste.

M. Lévesque et les conservateurs expliquent qu’il vaut mieux «en attendant de faire la transition» utiliser le pétrole albertain qu’en importer, mais ce pétrole est issu des sables bitumineux à savoir la forme d’extraction la plus polluante qui existe. Au Québec, on a fait le choix de développer notre société sur l’hydroélectricité et nous n’avons pas à subir les mauvais choix de l’Alberta.

Quant à la transition, c’est maintenant qu’elle doit se faire, pas quand il sera trop tard et on ne la fera jamais si on ne diminue pas l’exploitation du pétrole. Les conservateurs se plaisent à critiquer les mesures environnementales du gouvernement sans jamais rien proposer en retour qui soit à la hauteur de la crise climatique. Ni M. Lévesque, lorsqu’il était maire, ni les conservateurs sous Harper n’ont fait quoi que ce soit de significatif pour enrayer cette crise. Et ce n’est pas une voiture hybride achetée la veille pour les caméras qui nous fera penser le contraire.

Lauranne Carpentier

Trois-Rivières