Vivre avec le zona

Le zona est une maladie trop peu connue même si on est nombreux à l’avoir au Québec.

Dès que l’été arrive à Rouyn-Noranda, mon mari et moi, nous sortons nos quadriporteurs pour aller prendre l’air et admirer la belle nature. Nous profitons bien de la vie en compagnie de notre grande famille qui compte cinq enfants, dix petits-enfants, huit arrière-petits-enfants et bientôt un neuvième! J’ai toujours eu une santé de fer jusqu’à ce que je traverse un deuil très douloureux.

Ensuite, j’ai enchainé une bronchite, puis une pneumonie. Puis, tout de suite après la pneumonie, un soir, j’ai commencé à avoir des démangeaisons dans le dos, puis des petits boutons. Voyant que ça ne se calmait pas, je suis allée voir mon médecin de famille qui m’a diagnostiqué un zona. J’avais 79 ans.

À l’époque j’ignorais ce qui m’attendait et je n’avais jamais été vaccinée contre le zona. Pendant près de cinq mois, j’ai eu des épisodes de démangeaisons et de douleurs dans le dos et sous le sein droit. Je ne pouvais même plus porter de soutien-gorge tant la région était sensible. À un certain moment, la douleur est devenue tellement intense que j’ai dû me rendre à l’urgence et être hospitalisée pendant 24 heures.

Au fil du temps, la douleur aiguë s’est transformée en point constant dans le dos. C’est seulement à ce moment que j’ai pu recommencer à sortir de la maison, à descendre prendre mes repas à la salle à manger, à socialiser avec mes amis après un printemps où je me suis sentie très isolée par la maladie.

Au pire des symptômes, je ne pouvais plus sortir. J’ai même cru que je ne pourrai pas assister au mariage de ma petite-fille. Heureusement que les gens de mon entourage m’ont aidée. Moi qui suis tellement active et énergique, ça a été vraiment difficile physiquement et psychologiquement d’être si affaiblie et fragile.

Aujourd’hui, je vais bien, mais à l’occasion la douleur réapparait. Je sais bien que ce ne sera peut-être pas mon seul épisode de zona, mais si mon histoire peut en aider d’autres, je suis bien contente. Je pense qu’on gagne à se renseigner sur la maladie, et à la prévenir, si on le peut.

Louisette Girard

Rouyn-Noranda