Vision zéro: une vision pas si nulle que ça et pleine d’avenir

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / L’auteur, Julien Vassallo, est professeur de physique au Cégep de Trois-Rivières et administrateur du groupe Facebook «Trifluviens pour la sécurité routière et une vision d’avenir».

Les élections municipales approchent à petit pas. Or, l’opposition au conseil souhaite ressortir le spectre de vision zéro… Mais ont-ils raison? Ainsi il faut comprendre l’origine de vision zéro. Créé par les pays scandinaves, c’est un principe de sécurité routière mettant la vie humaine en avant. Or l’approche traditionnelle met, au contraire, la fluidité automobile en priorité. Avec Vision zéro, nous passons d’une conception d’une ville tournée vers l’automobile à une ville tournée vers ses citoyens et leur milieu de vie.

Ceci n’est pas une lubie de quelques conseillers zélés mais bien vers quoi notre société doit se tourner. Vision zéro fait partie de l’objectif 11 du développement durable de l’ONU. Elle fait partie intégrante de la stratégie de la sécurité routière 2025 du Canada et du cadre d’intervention en sécurité routière 2030 du gouvernement québécois. Bien qu’elle trouve en premier lieu des justifications du point de vue de la sécurité (baisse des accidents), Vision zéro trouve aussi des justifications très importantes dans la santé (incitation aux transports actifs), l’économie (économie verte locale) et l’environnement (baisse des gaz à effets de serre). Le tout est justifié par les experts scientifiques comme Catherine Morency titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la mobilité des personnes à l’école Polytechnique.

Ainsi, le conseil et le maire ont opté de manière unanime pour une approche systémique du développement de la ville, c’est-à-dire en tenant compte de l’ensemble des paramètres de la cité et non plus que d’un seul. On commence à percevoir les bienfaits à travers notre ville: piétonnisation de la rue des Forges, rues partagées en centre-ville, installation de la première vélorue, intersections refaites pour tenir compte de tous les usagers, projet de réseau cyclable utilitaire, mise en place des rues conviviales… Au contraire d’être des dépenses superflues, ces projets représentent des investissements pour tout le monde même pour les automobilistes. Ils témoignent d’un réalisme face aux défis que nous réservent les changements climatiques.

Ainsi, aux opposants, demandons-leur des justifications valides pour appliquer une stratégie du passé tournée vers l’automobile. Il faut toutefois partager avec eux l’envie d’implication citoyenne et le partage d’informations fiables. Des erreurs peuvent être commises et doivent être dénoncées.

Aux conseillers et au maire, demandons-leur de tenir compte des experts scientifiques, de l’avis des citoyens et de continuer à proposer des solutions innovantes en corrigeant les erreurs possibles.

À nous tous, en tant que citoyens responsables, faisons en sorte de nous investir et de montrer nos envies de changements. Ceci ne se fera pas sans efforts mais en apprenant à partager nos rues, nous préparons notre avenir sous de meilleurs auspices.