L’auteur de cette lettre demande aux conseillers municipaux et plus particulièrement à l’instigatrice du projet «Vision zéro», la conseillère Mariannick Mercure, que soient produites quelques-unes des études auxquelles on fait souvent référence pour justifier la nécessité d’un tel projet.

Vision zéro sombre maintenant dans l’exagération

Voilà maintenant deux mois que ce débat a été lancé. Des opposants se sont levés, des questions ont maintes fois été posées via les médias ou encore lors des assemblées publiques mais aucune réponse décente n’a été fournie aux citoyens, pas même l’ombre d’une réponse simple et claire. Nos conseillers n’ont tout simplement aucune idée de la situation réelle chez nous. Une grande consultation selon eux est en préparation pour février. Parlons plutôt d’une grande mascarade, un congrès, visant tout simplement à provoquer un changement dans l’opinion publique, un plan de communication en fin de compte pour nous faire adhérer à cette philosophie, nous la vendre de gré ou de force.

Comment s’y opposer? Le but ultime étant de diminuer les accidents mortels ou avec blessés graves, pouvons-nous être contre la vertu? Bien oui on peut avec des arguments; y a-t-il vraiment un problème critique chez nous? Ou encore l’augmentation fort probable de nos taxes pour un projet non chiffré, versus les résultats, car malgré les louanges de Vision zéro, nous les payeurs de taxes serons certainement soulagés de quelques centaines de dollars de plus, à moins que la Ville nous autorise à payer nos taxes avec des louanges.

Rappelons quelques faits.

Aucune étude chez nous (c’est à venir) n’est venue démontrer la nécessité d’agir avec l’empressement actuel, il faut même se débrouiller avec la loi d’accès à l’information pour arracher des informations, qui donnent d’ailleurs du poids aux arguments des opposants.

Dépôt d’une motion du conseiller de Sainte-Marthe, M. Daniel Cournoyer, pour faire marche arrière et de consulter la population devant l’opposition rencontrée et de faire faire l’étude, motion qui a été rejetée par une majorité des conseillers faisant plutôt passer leurs convictions personnelles avant leurs concitoyens, ce qui est bien démontré dans le rapport de la séance de travail du 6 novembre en regard d’une vraie consultation, et ce, malgré les prétentions de la plus grande consultation à venir pour la ville de Trois-Rivières.

M. Charette, lors de la période des questions à la séance du 4 décembre, a mis en évidence, statistiques à l’appui, que l’amélioration avec Vision zéro depuis 1997 en Suède est de 50 % et pour la même période au Québec de 54 % avec pourtant un parc automobile tous types de véhicules confondus accrus de plus de 45 % (SAAQ). Ensuite, on nous affirme que l’approche traditionnelle ne donne aucun résultat, les statistiques démontrent pourtant le contraire.

Des villes souvent citées en exemple par nos conseillers, comme Montréal (Dr Morency, été 2018) et Toronto (maire, décembre 2018), tout comme Washington DC, Los Angeles (nouvel investissement annoncé par le maire de 91 millions $ pour Vision zéro), aucune amélioration de la situation, nous connaissons maintenant la rhétorique pro-Vision, soit que c’est juste un slogan chez eux. Si des villes avec des moyens colossaux en rapport aux nôtres ne parviennent pas à améliorer les choses avec l’adoption de cette idéologie, pouvons-nous avoir des doutes pour chez nous?

M. Claude Morand, lors de la dernière séance en décembre, nous fait état que Bath and North East Somerset en Grande-Bretagne voudrait faire marche arrière car Vision zéro chez eux, au contraire du but recherché, a fait augmenter ce type d’accident malgré les investissements, mais hésite devant les coûts nécessaires pour revenir en arrière. Une autre ville américaine a le même constat.

En réponse à cette intervention la conseillère Mme Mariannick Mercure rétorque que c’est possible que ça ne fonctionne pas à un endroit X dans le monde mais et je cite «qu’il y a des dizaines de milliers d’études qui démontrent l’inverse». Ouf! Ça en fait des études pour une approche somme toute marginale considérant le nombre d’endroits où Vision zéro est adoptée versus là où ça ne l’est pas... Nous versons ici dans le mélodrame et l’exagération complète, depuis deux mois nous sommes passés de milliers à des dizaines de milliers d’études, encore une fois nous touchons l’émotif plutôt que le rationnel.

Par deux fois via les médias sociaux comme Facebook (Trifluviens contre le 40 km/h et pour une consultation publique) j’ai demandé qu’on nous fournisse entre 100 et 200 de ces dites études, la seconde j’ai interpellé directement mon conseiller de district et comme c’est le cas depuis deux mois, aucune réponse.

Je réitère maintenant, via notre quotidien, je vous interpelle directement messieurs et mesdames du conseil pour que vous puissiez nous produire dans les plus brefs délais, disons entre 100 et 200 de ces dizaines de milliers d’études, ça devrait être facile vu le nombre (des liens web seront suffisants), idéalement avant la prochaine séance ou au minimum et surtout avant votre supposée consultation afin qu’on puisse nous aussi valider et constater ces bienfaits de votre projet.

Jean Blanchette

Trois-Rivières