L’auteur de cette lettre apporte son point de vue sur le projet Vision zéro adopté par le conseil municipal de Trois-Rivières.

Vision zéro: au-delà de la limite de vitesse

L’auteur, Pierre-Luc Fortin, est conseiller du district des Estacades à Trois-Rivières. Il réagit ici à la lettre de M. Stéphane Guay intitulée «Le chèque en blanc du conseil municipal», publiée dans notre édition du 12 novembre dernier.

Je suis bien content du constat que vous dressez, qu’il est important de s’intéresser au gouvernement municipal, car c’est effectivement le palier le plus proche du quotidien du citoyen. Ça arrive toutefois qu’on s’y intéresse parce qu’on réalise que nos habitudes pourraient être perturbées.

Dans le dossier qui nous concerne, soit l’adoption du projet Vision zéro, je constate que la Ville a manqué dans la manière de communiquer l’information. J’en prends ma part de responsabilité. Vision zéro décès et zéro blessés graves, c’est bien plus que des pancartes pour limiter la vitesse à 40 km/h dans les quartiers résidentiels et les collectrices (sauf exceptions). Si on se limitait à ça, on ferait fausse route. Aménagements de toutes sortes dans les rues, trottoirs, éducation, etc., tous les moyens sont bons pour améliorer la sécurité.

Y a-t-il un problème dans nos rues? Trois cent trente-trois blessés graves et morts depuis 2005. Est-ce que la réduction de la limite de vitesse de 50 km/h à 40 km/h combinée à des rues mieux aménagées, ça peut faire la différence? Assurément! De plus, connaissez-vous des gens qui s’empêchent de marcher ou faire du vélo dans certaines rues parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité? Moi j’en connais! Selon Vision zéro, les rues ne sont plus réservées exclusivement aux automobiles, mais aux citoyens, tous les citoyens.

Le conseil a adopté une vision, et non une dépense. Il n’y a aucun chèque en blanc. On parle ici d’une orientation qui dictera nos actions dans le futur. Il fallait commencer par ça, puisque plutôt que de continuer à construire les nouvelles rues ou réparer les anciennes selon l’ancien paradigme de la fluidité automobile prioritairement, on va immédiatement changer nos façons de faire en fonction de la sécurité de tous. Pour le reste, on va y aller progressivement en ciblant des priorités en fonction de nos moyens et selon une étude que nous allons faire faire.

Ce que nous avons adopté, c’est une vision et non une mesure unique et surtout pas une recette miracle que nous allons appliquer du jour au lendemain. Des décisions, il y en aura encore à prendre. D’ailleurs, c’est pour cette raison que nous allons vous consulter, tel qu’il est inscrit dans la résolution adoptée le 6 novembre, et les commentaires et idées seront recueillis. Nous n’avons pas l’intention de nous priver d’une bonne idée.

Je me permets d’ajouter qu’à l’ère de la crise des changements climatiques, il est tout à fait logique et censé d’investir dans notre réseau de transport actif, sans oublier qu’en réduisant la vitesse de 10 km/h en milieu urbain, la consommation d’essence diminue pour la même distance. Nous travaillons d’ailleurs en parallèle sur des changements positifs pour le transport collectif. En espérant vous avoir informé davantage et que cette vision devienne notre vision.