Ville verte ou ville écocidaire?

Lors de l’assemblée du conseil de ville du 17 décembre dernier, j’ai voulu rappeler aux élus les quatre questions qui sous-tendaient ma lettre d’opinion du 8 décembre, parue dans ces pages sous le titre «Sondage biaisé sur les épandages du pesticide BTI à Trois-Rivières».

Avant même que je commence, le maire Lamarche m’attendait avec une réponse qu’on lui avait dictée dans les coulisses. À la fin de ma présentation, il l’a tout de suite rejetée du revers de la main, de façon cavalière et désinvolte. J’ai traduit sa réponse: «Arrêtez de nous achaler, foutez-nous la paix, allez voir ailleurs». Comme écoute des citoyens, il y a mieux…

Ainsi, la Ville va continuer de désinformer la population en maintenant sur son site web les résultats biaisés d’un sondage bidon.

Ainsi, la Ville n’organisera pas de séance d’information pour bien informer les citoyens sur ce sujet piquant et poursuivra le manque flagrant de transparence de l’administration précédente. Plus ça change, plus c’est pareil!

Ainsi, les membres du conseil ne seront pas informés sur tous les tenants et aboutissants de la problématique du contrôle des insectes piqueurs en prenant connaissance de quelques études très probantes non considérées par des représentants de la Commission de développement durable et environnement.

Ainsi, la Ville refusera d’appliquer le principe de précaution et continuera, les yeux fermés, à affecter à long terme la chaîne alimentaire de notre biodiversité en arrosant impunément des secteurs de la ville avec un pesticide surutilisé, sans avoir reçu le mandat de la population.

La fermeture hautaine du maire sur ce sujet n’est pas étonnante, car il démontre clairement que sa conscience environnementale est plutôt absente. Une porte de sortie lui est offerte: nous avons remis à la greffière un mémoire de citoyens de Gatineau pris avec le même problème. Celui-ci a été déposé à la commission parlementaire sur les pesticides, en septembre dernier.

Il faut espérer que nos décideurs politiques prennent connaissance de ce mémoire qui explique bien l’autre face du problème. Ainsi, ils pourront éventuellement changer leur fusil d’épaule et surtout ne pas se fier uniquement à leurs études non avisées de la destruction partielle de la biosphère sous le prétexte erroné d’assurer – tant que faire se peut – le confort temporaire de quelques citoyens.

La solidarité avec d’autres groupes de citoyens de la province vient aider pour contrer le lobbyisme des épandeurs des pesticides BTI.

Est-ce que la ville Trois-Rivières veut garder sa mauvaise réputation de ville «T-Rès écocidaire»? Ou bien peut-elle devenir véritablement une ville «T-Rès verte» sans pesticide BTI épandu ici et là?

Philippe Giroul

Trois-Rivières