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Vaincre la peur

OPINIONS / Nous vivons dans une époque de peur. On a peur de tout: peur de l’inconnu, peur de l’autre, peur du changement, peur du climat et surtout… peur de la mort. Pourtant la mort est la seule chose qui est inévitable. Une naissance égale à tout coup à une mort. Nous allons tous mourir un jour et pourtant cela nous fait peur.

La peur, voilà ce qui nous entoure, surtout depuis l’arrivée du coronavirus. Pourtant, on le sait, la peur est bien mauvaise conseillère. Souvent, au lieu de passer et de traverser à l’intérieur de la peur, on y reste figer. On reste assigner de force à domicile par le gouvernement. On regarde assidûment les communiqués journaliers gouvernementaux. On suit en direct le décompte des morts du COVID-19. Suite à cela, quelques personnes deviennent obsessionnelles avec la peur au point où cette dernière gère leur vie. Des citoyens sombrent dans la paranoïa. Il arrive même qu’ils se croient entourés du danger absolu. Ils passent au tamis de la peur tout ce qu’ils voient et entrent dans l’immobilisme. Ils vivent en confinement complet, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur maison.

Il faut leur dire à ces gens, la peur ce n’est si pas grave que ça. Avoir peur est normal dans plusieurs circonstances. Le courage par contre c’est de traverser cette peur. Notre relation à la vie passe par cette tolérance au risque et à l’incertitude.

Malheureusement, notre société refuse le risque et l’incertitude. Notre société désire tout contrôler, tout aseptiser. L’intérêt de cette crise du COVID-19, c’est l’émergence qui pourrait en naître. Un jour, qui sait, nous serons tous vraiment déconfinés. Un jour, on vivra à nouveau comme avant. La question cruciale est la suivante: quand?

Nous devons tous sublimer notre peur. On ne doit pas se replier sur soi. Il faut que la population ait le courage du risque. Plusieurs personnes ont compris avec le temps que la norme établit par le gouvernement ne fait plus de sens pour la population active de la société. Cette population qui travaille et paie des impôts. Vous êtes le gouvernement. Sans vous le gouvernement n’existe pas. Sans vous, la vie normale ne reviendra peut-être que dans un temps très lointain.

Vivra-t-on jusqu’à la fin de nos jours à deux mètres de distance? Parce qu’un jour, on devra revenir à la normale. Est-ce qu’un vaccin est vraiment nécessaire pour ce faire? Un vaccin n’est efficace en général qu’à 50 %. Le virus continuera donc à survivre à notre peur. Doit-on le laisser gérer nos vies? Doit-on être en distanciation sociale «ad vitam eternam»?

Je rêve d’un Québec avec des enfants actifs qui jouent au hockey, au football, font du cheerleading, de la ringuette et du soccer. Je rêve de parents assis les uns à côté des autres dans les gradins qui les encouragent. Je rêve à des restaurants et des bars bondés un vendredi soir. Je rêve de collègues travaillant ensemble et rigolant autour de la machine à café ou du repas du midi.

La population active a très peu de chance de mourir du COVID-19. Il faut qu’on cesse de nous faire peur. Il faut aussi qu’on cesse de se faire peur. La vie est courte et la vie éternelle n’existe pas. Le but de la médecine c’est de nous soigner, ce n’est pas de nous empêcher de vivre.

Sachant cela, pourquoi on ne retourne pas à une véritable vie normale. N’êtes-vous pas triste de voir des enfants confinés à deux mètres de distance dans les écoles? Croyez-vous qu’attendre en rang espacés de deux mètres vous empêchera d’être malade, alors qu’à l’intérieur des commerces tout le monde se côtoie? Croyez-vous vraiment que porter un masque en tissu fabriqué par votre tante vous protègera du virus? Le futur c’est maintenant. Cessez d’avoir peur et vivez pleinement votre vie selon vos limites. Que tous les commerçants ouvrent leurs portes normalement sans attendre. Nous savons, mieux que quiconque, ce qui est bon pour nous.

Claude Trudel

Trois-Rivières