Utilisation du Bti par les villes: la modération a bien meilleur goût

OPINIONS / Le mercredi 26 février, des citoyens de Trois-Rivières et de Shawinigan ont eu la chance d’assister à une conférence sur l’utilisation du Bti, donnée par la biologiste indépendante Annie Raymond.

Une conférence fort instructive, au cours de laquelle on a appris que le recours au Bti exerce une pression sur nos écosystèmes fragilisés, déjà attaqués de tous bords, tous côtés.

Quand on rajoute à ça que cette mixture est pulvérisée dans une cinquantaine de municipalités du Québec, il y a de quoi avoir la gueule de bois.

Les citoyens présents ont également appris qu’on ne peut justifier l’épandage du Bti pour des questions de santé publique, comme la prévention du virus du Nil occidental (VNO), contrairement à ce que nous claironnent depuis des années les vendeurs de cette substance.

C’est l’avis même du gouvernement du Québec, comme il est écrit sur son site Web: «Aucun épandage de larvicides n’est réalisé par le gouvernement du Québec pour contrôler les moustiques porteurs du VNO. […] L’application des mesures de protection personnelle contre les piqûres de moustiques demeure le meilleur moyen de se protéger. Certaines municipalités font de l’épandage de larvicides pour améliorer la qualité de vie de leurs citoyens en réduisant la présence de certains moustiques. Toutefois, ces épandages n’ont pas pour but de prévenir la transmission du VNO.»

La conférencière a fait mention que le Bti est interdit dans les municipalités où les pesticides sont proscrits. Vous voulez un scoop? À Shawinigan, les pesticides sont interdits depuis… 2003. Étrange, non?

Faut-il en rire ou en pleurer? Toute cette désinformation de la part des promoteurs hyperactifs de ce produit, ce laxisme flagrant de la part des élus, qui se cachent derrière les autorisations des ministères, faisant fi du principe de précaution…

Vous reprendrez bien un bon verre de Bti?

Chantal Caron

Shawinigan