Usines à diplômés

En réaction à la lettre d’Alfred Pellerin intitulée «Ça fait du bien», publiée dans notre édition du 30 juin.

Dans sa lettre, Alfred Pellerin estime que c’est l’amour propre des professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières qui a été blessé par le lock-out que l’on sait survenu il y a quelques semaines.

Libre à monsieur Pellerin de le penser mais moi, j’ai été atteint par la lettre, deux jours plus tôt dans ce même Nouvelliste, du professeur titulaire Stéphane Martineau et intitulée «Un mal qui vient de loin».

Et pourquoi ai-je été atteint? Parce qu’en résumé, monsieur Martineau explique où nous en sommes dans le monde universitaire; c’est-à-dire où nous nous sommes dirigés au cours des quinze-vingt dernières années: essentiellement ont triomphé les lois du marché; les règles de l’argent; le monde de la compétition; le caractère résolument mercantile du monde universitaire; la concurrence entre les institutions et, finalement, l’obligation pour les professeurs de composer avec des étudiants mal préparés, peu motivés qui, majoritairement, cherchent par tous les moyens ne pas apprendre mais réussir. Ça n’est pas joyeux.

Je résume encore? M. Martineau estime que nous sommes passés d’institutions de haut savoir à usines à diplômés le temps où l’entreprise privée a pu en fixer les règles.

Réjean Martin

Trois-Rivières