Unité permanente anticorruption: on abandonne déjà… ou presque

OPINIONS / La récente démission de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) relativement à la longue enquête sur les agissements douteux de quatre collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) a choqué à peu près tout le monde.

Difficile d’accepter que nos forces de l’ordre soient incapables de prouver et emprisonner des présumés fraudeurs, même après des années et des années de travail dont la facture ne sera jamais connue.

Encore plus renversant et offensant, le commentaire du député libéral de Laval-des-Rapides, Saul Polo, qui s’est réjoui de l’échec de l’UPAC. Il y a des coups de pied au derrière qui se perdent chez les rouges.

Évidemment, nous sommes dans un pays de droit et le fardeau de la preuve incombe à la poursuite, dont les enquêteurs et avocats doivent être plus blancs que blancs.

En contrepartie, les tricheurs et leurs comparses de la mafia profitent des largesses du système, y compris possiblement la complicité de certains élus.

À cet égard, le trop long dossier d’investigations concernant Jean Charest aboutira-t-il un jour sur une conclusion spectaculaire ou simplement sur… rien du tout, faute de preuves?

À titre de mince consolation, si petite soit-elle, les quatre manitous bayeurs de fonds du clan libéral provincial sont nommés et les tours de passe-passe allégués sont dénoncés.

Les petits messieurs s’appellent Fava, Rondeau, Bartlett et Fortier. Et il y en a d’autres dans le panier à crabes même si tous les membres influents de ladite formation politique ne sont pas du même acabit.

Puis le temps passe, l’hiver arrive, le Canadien gagne ou perd, Don Cherry est congédié et toute la ville en parle. La fraude se cache sous la neige et on passe à autre chose.

Après l’écoeurement et la frustration, on abandonne… ou presque.

Roger Matteau

Shawinigan