Une vision qui vaut zéro

Ainsi, la majorité des membres du conseil de ville de Trois-Rivières ont adopté un projet visant à réduire le nombre d’accidents pour les personnes vulnérables. On ne peut pas être contre la vertu mais votre projet, tel que présenté, ne tient pas la route. Je veux bien que Trois-Rivières se démarque mais d’une façon plus positive.

Tout comme vous, Madame Mercure et Monsieur Ferron, et les autres qui ont voté en faveur, je ne suis pas un expert en circulation. Par contre, je conduis une automobile depuis 57 ans, et ce, à tous les jours, ce qui me donne l’opportunité d’en voir de toutes les couleurs autant chez les piétons que chez les automobilistes.

On prétend que réduire la limite à 40 km/h coûtera au bas mot 2 à 3 millions $, et ce, sans compter un surplus d’essence puisque les autos rouleront plus longtemps, donc source additionnelle de pollution. Permettez-moi de vous proposer un meilleur plan d’action: «éduquer convenablement» tous les usagers de la rue incluant les piétons et les cyclistes.

Concernant la conduite automobile, il est aberrant de constater que le Québec est le seul endroit en Amérique, voire au monde, ou le piéton n’a pas la priorité aux passages piétonniers. Une bonne campagne de sensibilisation et une bonne signalisation routière seraient nettement plus efficaces que de réduire la vitesse. Par la suite la répression pour ceux et celles qui ne comprennent que ce langage.

D’ailleurs, l’automobiliste n’est pas le seul fautif. Que dire des piétons qui marchent carrément dans la rue alors qu’il y a un trottoir de chaque côté? Chaque jour, on peut voir des dizaines de piétons traversant la rue partout sauf aux passages piétonniers, sans oublier tous ceux qui traversent aux feux de circulation alors qu’ils n’ont pas le droit de passage.

Chez nos amis les cyclistes, la grande majorité ne respectent pas les arrêts et les feux de circulation qui sont, pourtant, en fonction pour tout le monde. Même chose pour les adeptes de planches et de patins à roues alignées qui circulent en pleine rue au lieu des trottoirs ou pistes cyclables.

Ce n’est certainement pas celui ou celle qui roule à 50 km/h qui est un danger. Faudrait peut-être consulter les statistiques sur la gravité des incidents survenus à cette vitesse pour se rendre compte que le problème n’est pas là. Au contraire, réduire la vitesse aura pour conséquence de voir des impatients «perdre les pédales».

Il serait de mise de faire des études sérieuses et surtout de consulter les experts (chefs de police, etc.) pour y voir un peu plus clair et de viser le gros bon sens.

Soyez assurés que mon opinion est largement partagée.

Yvon Simard

Trois-Rivières