Une vision étriquée vouée à l’échec

Si on fait venir en région des immigrants pour des raisons strictement économiques à courte vue, on va s’en mordre les doigts à plus ou moins brève échéance. Une immigration réussie est d’autant plus importante dans les régions, où les changements démographiques revêtent une importance capitale.

Alexandre Cusson est maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Un leader d’opinion, qu’il le veuille ou non, dont l’envergure au Québec n’est pas à négliger.

Conséquemment, monsieur Cusson, supposé parler au nom des autres maires du Québec, devrait faire le bon choix des slogans qu’il utilise, en particulier quand il se prononce sur l’immigration en région au Québec.

Pour le maire de Drummondville, l’immigration est un mal nécessaire, point à la ligne. Sinon, il n’utiliserait pas comme il le fait son slogan méprisant: «Je t’endure, tu m’endures», comme il l’a mentionné lors d’une entrevue éditoriale au quotidien Le Soleil, également publiée dans Le Nouvelliste.

Si, pour les maires du Québec, réussir l’intégration des immigrants se résume à les accueillir avec un pareil slogan sur banderole, il ne faudra pas s’étonner que la fraction d’immigrants qui voudront quand même s’installer dans les villes en dehors des grands centres se voit obligée de pratiquer la ghettoïsation, au risque de se faire assimiler. Exactement comme se vit encore et toujours la relation entre Blancs et Autochtones du Québec.

Rendu à ce point, le stade de s’endurer les uns les autres ne sera qu’un vague souvenir, remplacé par celui de se regarder en chiens de faïence, pour ensuite…

Il y a sûrement au Québec des maires et mairesses capables de faire évoluer la pensée du président de l’UMQ dans le sens de la confiance, plutôt que de la méfiance à développer envers l’Autre.

Josée Néron, la mairesse de Saguenay, j’en suis convaincu, est de ceux-là.

Marcel Lapointe

Saguenay