L’auteur de cette lettre est un Trifluvien passionné de vélo qui rêve que sa ville soit «TRès cyclable».

Une ville conviviale

C’est avec plaisir que j’ai lu, le 27 octobre dernier, l’intéressant article de notre journaliste semi-retraité, Jean-Marc Beaudoin. Sa griffe était douce, je dirais même conviviale. Disons d’abord que je ne peux qu’applaudir à cette initiative de quelques membres du conseil municipal qui semblent réussir à «contaminer» les autres conseillers. Un tel virage ne se fera pas sans susciter des résistances chez certains automobilistes qui se sont depuis toujours considéré les maîtres de la route.

Vous devinez que je suis de ceux qui sont les plus vulnérables, les cyclistes et les marcheurs. Je roule et je marche dans les rues de Trois-Rivières depuis plus de 40 ans et plus intensivement depuis 2003, moment de ma prise de retraite. Le vélo et la marche sont pour moi le choix premier de locomotion. J’utilise l’auto lorsque je n’ai pas le choix. Et voici mon verdict: Dieu merci, la majorité des automobilistes sont de plus en plus courtois pour les piétons et les cyclistes. Mais il y a les irréductibles qui semblent de moins en moins conciliants. Heureusement, leur nombre diminue.

Il y a aussi l’autre face de la médaille, les piétons et les cyclistes. Depuis des années, je me fais un devoir de faire ce que je demande aux automobilistes, respecter les règles. Il m’arrive par contre d’avoir à choisir entre les règles et la sécurité. Dans ces rares cas, je choisis la sécurité. Par exemple, si j’ai à rouler une centaine de mètres sur le boulevard Des Récollets, je vais le faire sur le trottoir. Si je rencontre un piéton, je m’immobilise pour lui donner ce à quoi il a droit, la priorité du passage.

Malheureusement, ce comportement est loin d’être le lot des cyclistes qui sont, je l’avoue, trop délinquants. Dans ce tournant de convivialité, les policiers auront un important rôle d’éducation et devant les cyclistes irréductibles devront sévir par des contraventions. Certains délinquants ne comprennent que ce langage.

Ma passion pour le vélo m’a amené à rouler dans d’autres pays. En Europe, on est un grand pas en avance sur le partage de la route. J’ai entre autres roulé dans la ville d’Amsterdam où le vélo est roi. Je sais qu’il est inutile de rêver de voir un jour Trois-Rivières être considérée comme l’Amsterdam d’Amérique. Mais, un aspect important de la réalité néerlandaise devrait nous inspirer. Aux Pays-Bas, on ne construit pas simplement des pistes cyclables, on rend les routes et les rues cyclables. À Trois-Rivières, nous avons développé un parc linéaire où les vélos ont le droit de rouler. Je l’utilise lorsque je veux faire du vélo de plaisance, mais la plupart du temps j’utilise mon vélo pour le même usage que les automobilistes: me rendre à un rendez-vous, visiter des amis, faire des emplettes… À ce moment, le parc linéaire qui m’envoie dans le nord de la ville m’est rarement utile. Je dois donc tricoter dans le trafic citadin. Lors des rénovations de routes, on nous aménage parfois des espaces réservés aux vélos. Lorsque nous empruntons ces rues, nous nous trouvons presque toujours à une impasse qui nous laisse dans le trafic sans protection et là c’est «merci les automobilistes courtois».

En passant, une petite remarque touchant le parc linéaire. Je rencontre à l’occasion des cyclistes-touristes qui me demandent s’il est possible de se rendre par cette piste au site des Forges du Saint-Maurice. Je me fais un plaisir de les informer que la piste les conduit aux portes de ce lieu touristique. Pourquoi ne pas placer à un ou deux endroits une incitation invitant les cyclistes à s’y rendre, chose que je vois souvent sur les nombreuses pistes que j’ai empruntées à travers la province?

Je pourrais encore discourir sur ce sujet qui me tient à cœur et à corps. Mes amis du conseil municipal: bravo et merci! Continuez, vous me faites rêver d’un Trois-Rivières «TRès cyclable».

Henri Caron

Trois-Rivières