Une transaction et une transformation inconvenantes

OPINIONS / En tant que «baptisé et envoyé», et demeurant à Trois-Rivières depuis plus de trente ans, je ne peux que me réjouir de la sortie publique de Mgr Luc Bouchard concernant l’offre d’achat de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf par le Centre culturel islamique.

Je suis tout à fait en accord avec Monseigneur qui écrit: «Je me vois obligé de suspendre la décision unanime des marguilliers d’accepter la proposition d’achat qui leur a été faite en bonne volonté et qui a été reçue en bonne volonté... Je prends donc cette décision de mon propre chef et en tant qu’évêque, par la grâce de Dieu, du diocèse de Trois-Rivières.»

Bien sûr, la communauté musulmane a droit à une vie paisible, elle a le droit de pouvoir célébrer sa foi librement dans des lieux convenables, elle a droit au respect, mais la cohabitation heureuse et paisible ne veut pas dire que la communauté catholique doive leur vendre une de ses églises en se disant qu’après tout, l’Islam est une religion monothéiste comme la nôtre. Mais est-ce vraiment le cas?

Il est vrai que nous partageons avec la communauté musulmane certaines croyances mentionnées dans «Lettre ouverte à toute personne de bonne volonté» écrite par Mgr Bouchard, à savoir que: «Nous adorons un seul Dieu, nous croyons que Dieu a créé le ciel et la terre, nous croyons à la résurrection des morts et nous essayons de vivre des vies moralement irréprochables et nous prions, faisons l’aumône et jeûnons.»

Mais il y a tout de même des divergences qui sont majeures et qui rendent inadmissible la vente d’une église catholique à la communauté musulmane, et en voici quelques-unes.

Il serait plus qu’inconvenant que dans une église où a été adorée la Très Sainte Trinité, un seul Dieu en trois Personnes, où a été célébrée la naissance du Sauveur notre Seigneur Jésus Christ, et où ont été adorés et célébrés les très saints mystères de la Passion, de la mort et de la Résurrection de notre Sauveur, que cette église puisse être vendue à la communauté musulmane dont les fidèles nient haut et fort tous ces mystères de la foi catholique.

Là où la Trinité a été adorée, elle serait maintenant niée jour après jour, car pour le musulman, le chrétien qui adore la Trinité est un idolâtre qui adore trois dieux.

Là où la Nativité de notre Seigneur a été célébrée, elle serait maintenant niée jour après jour car pour le musulman, Dieu ne s’est pas incarné, il n’est pas devenu homme comme nous.

Là où les saints mystères de la Passion ont été célébrés, ils seraient maintenant niés jour après jour puisque pour le musulman, le Christ n’est pas mort sur la croix, il a fait semblant. Et si le Christ n’est pas mort sur la croix, il ne nous a pas sauvés et il n’est pas non plus ressuscité; et si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine, nous rappelle saint Paul.

Avons-nous oublié que dans bon nombre de pays à majorité musulmane, des chrétiens sont aujourd’hui encore persécutés, et parfois jusqu’à la mort, pour oser vivre leur foi en ces saints mystères?

Le Seigneur nous avertit dans l’Évangile: «Nul ne peut servir deux Maîtres, Dieu et l’argent.» Il serait plus qu’inconvenant qu’un lieu sacré catholique soit cédé à une religion dont les fidèles nieraient jour après jour les principaux mystères qui y ont été célébrés depuis tant d’années, et cela pour une simple question pragmatique et financière.

Fr. Denis Carrier, psf

Les Pauvres de Saint-François

Trois-Rivières