Yves Lévesque a été mieux avisé dans le choix d'Erin O'Toole comme nouveau chef de son parti que huit des dix députés conservateurs du Québec qui avaient plutôt choisi le favori Peter Mackay, croit l'auteur de cette lettre.
Yves Lévesque a été mieux avisé dans le choix d'Erin O'Toole comme nouveau chef de son parti que huit des dix députés conservateurs du Québec qui avaient plutôt choisi le favori Peter Mackay, croit l'auteur de cette lettre.

Une statue à Yves Lévesque?

OPINION / J’ai lu avec plaisir La griffe à Beaudoin du samedi 29 août dernier. Avec plaisir, comme toujours. Cette fois, Jean-Marc Beaudoin tentait de mesurer les possibilités de voir la circonscription de Trois-Rivières virer aux Bleus lors des prochaines élections fédérales. Des élections qui ne sauraient trop tarder, gouvernement minoritaire oblige.

Le chroniqueur bien sûr observait justement que les Bleus, c’est-à-dire le Parti conservateur du Canada, s’étaient donné un nouveau chef, Erin O’Toole, que le membre le plus illustre de cette formation en Mauricie, c’est-à-dire Yves Lévesque, avait eu la perspicacité de supporter.

En effet, celui qui fut maire de Trois-Rivières pendant tout près des deux premières décennies du 21e siècle a été mieux avisé, peut-on constater, dans le choix du nouveau chef de son parti que huit des dix députés conservateurs du Québec qui avaient plutôt choisi le favori Peter Mackay.

Certes, on peut croire que cela procure à Yves Lévesque une aura additionnelle en vue du prochain scrutin qui, à Trois-Rivières, va nous offrir un paysage changé, comme l’observe le chroniqueur alors que, par exemple, le vote NPD sera moindre.

Mais est-ce que ça pourrait permettre à Yves Lévesque cette fois de l’emporter?

Cette fois? Nous savons bien que le réputé ancien maire a mordu la poussière lors des élections de l’automne dernier aux mains de la candidate du Bloc québécois, Louise Charbonneau.

Yves Lévesque a raison de croire que la question du droit des femmes à l’avortement, mis en doute ne serait-ce que légèrement, a terni irrémédiablement chez nous la campagne d’Andrew Scheer (alors à la tête des conservateurs) qui fut mis hors jeu dès le premier débat des chefs à TVA par l’habile Justin Trudeau, mais est-ce que ça va permettre aux Bleus cette fois de ravir la circonscription?

Jean-Marc Beaudoin voit mal d’ici les élections l’étoile du Bloc québécois pâlir. Il a raison. D’autant plus que madame Charbonneau surprend agréablement par son aplomb et sa pertinence.

Mais quoi qu’il en soit, ajoutons qu’il faudrait encore chercher à s’interroger (par exemple lors d’un colloque à cet effet) si Yves Lévesque a été ou pas un bon maire pour la Ville de Trois-Rivières au cours de ses premières vingt années d’existence en tant que nouvelle agglomération ayant «fusionné» toutes ses voisines, de Pointe-du-Lac à Sainte-Marthe en passant par Trois-Rivières-Ouest, le Cap et Saint-Louis-de-France.

Un colloque oui; ça prend un colloque au sujet de celui qui, en tout cas, nous a laissé en plan tout à coup au début de 2019 avec une prime de départ rondelette et forçant de coûteuses élections partielles pour lui succéder.

À l’ère des statues que l’on déboulonne et pendant que celui-ci n’en n’a pas encore, posons-nous des questions. Légitimement. Objectivement.

Réjean Martin

Trois-Rivières