Une question référendaire sur Vision zéro? Peut-être!

Intéressante cette suggestion émise par Martin Francoeur dans l’éditorial du mercredi 30 janvier de profiter de l’élection à la mairie pour prendre la mesure du degré d’ouverture ou de fermeture de la population à l’égard du projet «Vision zéro». Mais voyons d’abord ce qui se dégagera de la démarche d’information et de consultation que s’apprête à tenir la Ville de Trois-Rivières sur ce projet. Qui sait? S’il advenait que celle-ci fasse la démonstration d’une acceptabilité sociale largement répandue, la tenue d’une consultation plus large pourrait ne pas s’avérer nécessaire.

Et pourtant... Les décisions en matière de santé publique et de sécurité des citoyens en situation de vulnérabilité ne devraient pas dépendre de leur popularité mais bien de leur pertinence. Sinon, que serait-il advenu du port de la ceinture de sécurité pour les automobilistes et de l’utilisation du téléphone cellulaire au volant? Faut-il préciser, au surplus, que selon le guide La prise de décision en urbanisme, les décisions relatives à la gestion de la circulation et du transport dans une ville relèvent précisément du pouvoir et des compétences du conseil municipal. Comment peut-on alors reprocher aux membres du conseil d’avoir assumé leurs responsabilités en proposant une approche proactive visant une circulation plus sécuritaire?

Mais bon, il faut trouver une façon de mettre un terme à cette tragi-comédie autour d’un projet initié de bonne foi visant à éliminer, de manière continue et préventive, les blessures graves et les décès occasionnés sur nos routes. Ceux qui s’y opposent prennent une telle place dans nos médias qu’on pourrait croire que leur opinion défavorable est largement partagée au sein de la population. Reste qu’on ne peut assimiler à une vague d’opposition le fait qu’un groupe Facebook totalise 960 membres défavorables à Vision zéro sur une population de 136 000 personnes. Gardons-nous une petite gêne quand même!

Mais au-delà de ces considérations, évitons que Trois-Rivières devienne la risée du Québec en raison de ce débat hallucinant et déployons tous les efforts nécessaires pour mettre intelligemment un terme à cette saga. Participons aux séances d’information et de consultation et si au terme de celles-ci, la chose s’avère nécessaire, allons-y, comme le suggère Martin Francoeur, d’une consultation référendaire sur le sujet.

Et passons enfin à autre chose… et il n’en manque pas d’autres choses qui méritent notre attention dans cette ville!

Jean-Claude Landry

Trois-Rivières