Une question de respect

OPINION / Peut-on imaginer changer la nature des choses? Cela me semble absurde. L’attrait des rapports humains et de nos relations intimes est foncièrement sexué: autant notre humanité que notre animalité sont imbriquées en chacun de nous.

Bien au-delà de nos fantasmes individuels, la nature humaine est aussi une nature animale à considérer en totalité, entièrement dans ce jeu, dans nos rapports à l’autre qui cherche à plaire, à séduire pour de meilleures relations de vie sociétales.

Mais la différence avec l’animal, c’est ce rapport de respect: quand le mâle animal prend de force la femelle animale pour assouvir sa pulsion sexuelle, tel un appétit dévorant, il ne demande pas la permission, et de sa force brutale il obtient la satisfaction de son instinct animal.

Chez l’humain, il existe un respect de l’autre en toute situation de charme qui doit s’ajuster, s’articuler; celui-ci commande une intelligence du moment. Quand on a la moindre connaissance, le moindre ressenti de ce moment, de cette libido, oserais-je dire, nous savons que les dispositions de la partenaire sexuelle sont très complexes et exigent un raffinement de la part du mâle pour obtenir cette joie immense éphémère convoitée. Sans cette qualité de raffinement, la relation risque de tourner au viol, c’est-à-dire à un rapport de force, un rapport non désiré, une relation contre la volonté de l’autre. Ceci est pure violence: un viol.

L’homme doit savoir proposer, découvrir et interpréter les messages à une invitation et encore là, être prêt à un refus, à un changement d’idée de cette femme dans toute sa complexité d’être; l’homme doit alors savoir reculer…

Ainsi sont les femmes; ainsi sont les hommes, les vrais. Point.

Sans cette reconnaissance animale et du respect humain, la race humaine n’en est plus une. C’est la barbarie, une société purement animale, un monde animal sans plus. Le respect, ça s’apprend et c’est à l’homme que revient cette maîtrise pour un bel ajustement des paires.

Oui, depuis plus de 50 ans, les femmes font l’amour librement. «Librement», ai-je dit! Notre humanité tient à cela.

François Champoux

Trois-Rivières