Le 22 juin prochain quand nous célébrerons le 60e anniversaire de l’élection de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage, si nous nous rappelons que c’est sous le règne de ce chef libéral que le Québec obtint un statut diplomatique à Londres (1961) puis, à Paris, une Délégation générale du Québec (1964), nous serons également forcés de constater que cette époque est très loin derrière.
Le 22 juin prochain quand nous célébrerons le 60e anniversaire de l’élection de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage, si nous nous rappelons que c’est sous le règne de ce chef libéral que le Québec obtint un statut diplomatique à Londres (1961) puis, à Paris, une Délégation générale du Québec (1964), nous serons également forcés de constater que cette époque est très loin derrière.

Une province

OPINION / La crise sanitaire que l’on sait vient, croyons-nous, de remettre le Québec à sa place; cette expression rébarbative. Le gouvernement de Justin Trudeau, au moyen de sa grosse Banque du Canada qui lui fabrique de l’argent à volonté, a signifié au Québec sans même le vouloir qu’il est redevenu plus que jamais une simple province, une province sans trop de moyens.

Qui plus est et bien que l’horizon était plat de ce côté-là, Ottawa vient de s’acheter encore de nombreuses années de paix constitutionnelle et même, qui sait?, le loisir d’empiéter à qui mieux mieux dans les champs de juridiction du Québec (aide aux municipalités, CHSLD, approvisionnements des hôpitaux, etc.).

«Mon pays, ce n’est pas un pays; c’est une province», avait lancé un jour Guy A. Lepage. N’avons-nous pas l’impression que c’est maintenant encore plus vrai?

Le 22 juin prochain quand nous célébrerons le 60e anniversaire de l’élection de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage, si nous nous rappelons que c’est sous le règne de ce chef libéral que le Québec obtint un statut diplomatique à Londres (1961) puis, à Paris, une Délégation générale du Québec (1964), nous serons également forcés de constater que cette époque est très loin derrière.

Voici pourtant par exemple ce qu’avait dit Jean Lesage en 1963: «Quand je parle de l’État du Québec, ce n’est pas pour soutenir que le Canada serait composé de neuf provinces plus un État. C’est pour affirmer plus fortement encore […] la personnalité du Québec».

Et si ce même Jean Lesage en 1967 était froissé par le «Vive le Québec libre!» parce qu’il craignait qu’il envenime nos relations avec le reste du Canada, il fera cette déclaration révélatrice: «Ce n’est pas le temps pour le Québec d’être souverain». C’est dire.

Par ailleurs, est-il besoin de mentionner que le terme province vient, dit-on, du latin pro victis signifiant territoire des vaincus?

Enfin, une déclaration comme celle de Pierre Trudeau ne peut aujourd’hui qu’être lue avec plus d’amertume qu’au moment où elle fut prononcée en avril 1994 à l’Université de Montréal: «Les professeurs enseignent le nationalisme dans les écoles. Ils disent à leurs élèves que le Québec est un État et c’est faux. Le Québec est une province, un canton, un district».

Réjean Martin

Trois-Rivières