Une prise de conscience sur la fragilité de la vie

OPINION / En ce temps de pandémie surgit une conscience accrue de la fragilité de la vie.

Nous, les aînés dépassant quatre-vingts années de vie, sommes bien conscients qu’il ne reste que peu d’années devant nous.

Maintenant que l’on parle d’une seconde vague de pandémie possible de la COVID-19, et que nous sommes manifestement les plus vulnérables, comment ne pas craindre que vienne, plus vite que nous le pensions, notre fin de vie? D’où l’importance d’être bien dans sa peau.

En effet, mon état d’esprit peut transformer mes gestes en me les rendant plus agréables. C’est l’état d’esprit qui transforme les actions. C’est un «savoir-être» qui favorise le «savoir-faire».

Cependant, cet état d’esprit ne suffit pas, lorsqu’on est malade ou en résidence dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Dans ces endroits de fin de vie, d’autres personnes ont aussi un rôle à assumer en lien avec notre propre vie.

Or, combien désolant est ce constat rapporté par les Forces armées canadiennes sur ce qui se passe dans cinq résidences CHSLD: agressivité du personnel soignant, présence de coquerelles et plus, des malades manquant de soins de façon inhumaine et subissant des souffrances qu’on pourrait leur épargner, voire une situation déplorable.

«On ne voit bien qu’avec le cœur», disait Saint-Exupéry. Or, une préposée aux malades rencontrée cette semaine m’a dit: «Alors que les besoins sont criants, je vois de mes collègues de travail se promener dans des couloirs en prenant des pauses pour pitonner sur leur iPad, faisant attendre des patients qui, sans l’aide requise, vont mourir.»

Le cœur n’y est plus et la tête est sur l’ordi, le téléphone intelligent ou la tablette électronique.

En ces temps difficiles, voire douloureux, une qualité de présence à soi-même et aux autres est indispensable pour le bien-être de tous. Surtout, il faut que l’on exige en nos foyers pour personnes âgées, beaucoup plus d’humanité par des soins appropriés.

Il ne faut pas blâmer seulement le personnel des CHSLD. Une question se pose: «Où sont les familles?» Cette dame me disait: «Des gens viennent ‘‘stationner’’ leur vieux parent en disant au personnel: «Quand sa mort surviendra, téléphonez-nous.»

Cependant, il ne faut pas généraliser; il existe aussi des foyers où les résidents sont bien soignés et heureux.

Andréa Richard

Trois-Rivières