Le projet du train à grande fréquence (TGF) visant à connecter le corridor Québec-Windsor revient sur la table.

Une pétition pour le projet de train à grande fréquence

OPINIONS / Faisant suite à la grève mondiale des étudiants pour le climat du 15 mars dernier et à l’aube des élections municipales et fédérales, l’importance du développement des transports en commun est centrale lorsque l’on veut aborder sérieusement les enjeux environnementaux du 21e siècle.

Le projet du train à grande fréquence (TGF) visant à connecter le corridor Québec-Windsor revient sur la table. Il semble en effet être un projet qui fait l’unanimité chez les trois candidats à la mairie de Trois-Rivières, pour le ministre fédéral des Transports Marc Garneau, pour l’Union des municipalités du Québec (UMQ) ainsi que pour le président de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, mais rien n’est joué d’avance.

En effet, malgré qu’il s’agisse d’un projet dont tout le monde bénéficierait, et qu’il semble évident, en quelque sorte, que les villes de Québec et Toronto devraient être reliées par un système de transport en commun rapide, il n’en reste pas moins que nous avons affaire à un projet de 5 milliards de dollars. Si c’est une somme qui peut paraître colossale, il faut rappeler que le retour du train de passagers et le développement des transports collectifs sont une nécessité plutôt qu’un luxe pour faire face aux défis environnementaux de notre époque.

Comme l’a mentionné humblement le ministre fédéral des Transports, nous devons faire nos devoirs, et procéder à différentes évaluations, dont celle de sonder la population quant à l’intérêt, et la possible utilisation qui en découlerait. Faisant suite à ce constat exprimé par le ministre Garneau lors du forum sur les transports ferroviaires organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) à Trois-Rivières en novembre 2018, une mobilisation citoyenne via une pétition en ligne a été lancée le 18 mars dernier.

«Trifluviens et Trifluviennes pour le TGF Québec-Windsor» est une initiative citoyenne visant à amasser les signatures de la population afin d’appuyer nos élus municipaux dans leur processus de négociations avec le ministère des Transports. Elle se veut telle une réponse au besoin de sonder la population souligné par le ministre Garneau, mais aussi comme l’expression d’un besoin criant en termes de développement régional culturel et économique à la hauteur des enjeux environnementaux de notre époque.

Malheureusement, le budget fédéral 2019 présenté par le ministre des Finances Bill Morneau le 19 mars dernier n’est pas à la hauteur. En effet, le projet de TGF Québec-Windsor y est totalement absent. La question du transport en commun y est, en fait, complètement négligée. Au lieu de se positionner sur les infrastructures collectives de transport, on a préféré mousser le développement des voitures électriques, des bornes pour le rechargement de celles-ci, du développement d’autobus et de camions de marchandises électriques, mais rien n’y est prévu pour faciliter les changements au niveau des mœurs et des pratiques collectives relativement au transport en général. Les enjeux environnementaux nécessitent un repositionnement des pratiques collectives en matière de transport, plutôt que le soutien et le financement du développement du transport individuel, qu’il soit électrique ou pas. Trifluviens et Trifluviennes pour le TGF Québec-Windsor est une initiative strictement citoyenne; une mobilisation cherchant à exprimer à la fois l’importance du développement des transports en commun dans la région afin d’affronter les défis imposer par les enjeux environnementaux de notre époque, mais aussi une réaction de désarroi face au positionnement du gouvernement, par rapport à ceux-ci, dans le budget fédéral 2019.

Jean-François St-Onge

Trois-Rivières