Une marche qui suscite des réflexions

OPINIONS /

Je me suis rendue samedi dernier à la manifestation de solidarité envers les travailleuses et travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) en lock-out depuis presque 17 mois. J’étais accompagnée de ma petite-fille qui, comme me le soulignait un lockouté, a presque le même âge que le lock-out. L’image était forte.

Par cette belle journée ensoleillée, je me suis glissée parmi cette impressionnante foule composée de Monsieur et Madame Tout-le-monde, syndiqués ou pas, venant d’un peu partout au Québec. Les familles composaient l’essentiel du convoi. J’y ai fait la rencontre d’un couple et de leurs trois filles. La conversation a vite porté sur leur magnifique petite de six ans, aux prises avec un handicap sévère, qui, avant le lock-out, pouvait bénéficier de traitements de pointe, lui faisant faire des progrès auxquels les médecins avaient renoncé. Mais voilà que l’entreprise a fermé l’usine, laissant le couple dans l’impossibilité de payer pour de tels traitements, qui ne sont évidemment pas couverts par notre bien chiche système de santé.

Monsieur me confiait ne plus fréquenter les réseaux sociaux, las de lire les commentaires des gens qui n’ont que faire des travailleuses et travailleurs affectés. Madame me disait surprendre souvent des conversations sur les «bébés gâtés» d’ABI. Ce qui est difficile d’éviter, toutefois, ce sont les déclarations d’un premier ministre qui, non seulement prend partie dans un conflit de travail, mais jette de l’huile sur le feu de la haine à laquelle sont confrontées les familles touchées par ce lock-out.

Honte au caquiste en chef, qui semble prendre plaisir à tourner une partie de la population contre ces travailleuses et travailleurs, pères et mère de famille, victimes d’une entreprise aveuglée par le profit. Mais avec un premier ministre qui vante le capitalisme chaque fois qu’il en a l’occasion, nous n’avons pas fini de voir des travailleuses et travailleurs perdre argent, maison et accès à des soins dans une indifférence qu’il crée, voire qu’il encourage par ses déclarations.

Martine B. Côté

Montréal

PRÉCISION

Dans notre édition du lundi 27 mai, le texte publié en page 12 et intitulé «La protéine redéfinie» ne portait pas la signature de son auteur. Il s’agit d’un texte de Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie et directeur scientifique à l’Institut des Sciences analytiques en agroalimentaire. Monsieur Charlebois signe régulièrement des textes dans nos pages d’Opinions. Nos excuses.