Une manne pour les garagistes, une plaie pour les automobilistes

La centaine, voire les milliers d’automobilistes qui circulent sur le Boulevard Gene-H.-Kruger, alias Chemin du Roy, doivent rager chaque fois quand ils passent devant l’entrepôt de la papetière Kruger par dessus le passage dit à niveau qui sert quelques fois par semaine à remplir de rouleaux de papier les wagons de Chemin de fer Québec-Gatineau.

Ce passage qui date n’est pas entretenu adéquatement depuis belle lurette par on ne sait qui. Fallait-il interpeller le ministère des Transports du Québec, les travaux publics de Trois-Rivières, les Chemins de fer Québec-Gatineau Inc., le Canadien Pacifique, la Genesee & Wyoming Inc, la papetière Kruger (laquelle?) ou le Roi Louis XIV en personne qui ne doit pas être fier de son Chemin?

Pour tenter de trouver un quidam de cette situation irresponsable, j’ai téléphoné à Boisbriand pour demander de parler au président de la compagnie ferroviaire. Mais il était en congé.

L’aimable réceptionniste m’a suggéré de rejoindre le responsable trifluvien, M. Martin Cormier. Celui-ci m’a dit tout de go que ce problème n’était pas de la responsabilité des chemins de fer, mais plutôt de la compagnie Kruger... Le carrousel commençait à tourner.

Parallèlement, j’ai déposé une plainte aux services aux citoyens de la Ville de Trois-Rivières qui m’ont rapidement répondu qu’on allait tenter de s’occuper de ce... désastre circulatoire.

J’ai aussi informé le conseiller municipal du district de La Vérendrye pour qu’il pousse sur la roue et empêche l’installation d’un carrousel permanent en face de la Kruger...

Curieusement, la ville de Trois-Rivières vient d’octroyer, le 20 novembre dernier, une aide financière de 1 000 000 $ à la compagnie Kruger-Wayagamack s.e.c., filiale présumée de la papetière Kruger du boulevard Gene-H.-Kruger.

On ne peut pas dire qu’il manque des sous, même si dans le dernier budget du ministre Leitão, il n’y a rien de prévu pour régler ce problème, ni pour la rénovation du Chemin du Roy dans le district de Pointe-du-Lac, entre le restaurant Le Grec et la station Shell, qui est devenu un champ de patates...

Dans combien de temps va-t-on dénouer cet imbroglio afin de permettre aux automobilistes et aux cyclistes, pour qui on veut favoriser le transport actif, de décompresser et de rouler en toute sécurité.

Les seuls qui ne rouspètent pas, ce sont les réparateurs des suspensions et pneus des véhicules.

Philippe Giroul

Trois-Rivières