La juge Nicole Tremblay de la Cour supérieure a tranché: «Ristigouche devrait veiller à la protection des cours d’eau en respect des règles gouvernementales.»

Une grande victoire

Bonne nouvelle, un petit village de Gaspésie a gagné contre un géant. Ristigouche a vaincu Gastem. David a vaincu Goliath…

Quel courage et quelle détermination ça leur a pris pour affirmer leur droit collectif à la préservation de l’eau potable malgré la poursuite d’un million de dollars intentée contre eux par la compagnie Gastem. La préservation de l’eau potable est d’ailleurs un rôle attribué aux municipalités, sauf que la Loi sur les hydrocarbures votée sous le bâillon par notre gouvernement libéral accorde la prévalence à l’industrie. La juge Nicole Tremblay de la Cour supérieure a tranché: «Ristigouche devrait veiller à la protection des cours d’eau en respect des règles gouvernementales.»

Elle ordonne à Gastem de payer une somme de 154 000 $ dans les 30 jours suivants la décision. Et celle-ci fera jurisprudence.

Grâce à la force de la solidarité, Ristigouche a pu continuer sa bataille juridique. Des centaines de citoyens-bénévoles, des scientifiques et des juristes à travers les divers comités se sont mobilisés pour appuyer cette cause qui nous rejoint tous.

Je veux rendre hommage aux bénévoles de l’environnement engagés dans un travail exceptionnel, un travail de terrain, un travail presque quotidien depuis 11 ans, depuis l’invasion barbare des gaz de schiste.

Des citoyens qui ne ménagent ni leur temps ni leur énergie pour protéger nos terres et notre eau. C’est une tâche épuisante et souvent ingrate parce que non reconnue par nos décideurs et trop ignorée par la population en général.

Ils se font les porte-parole des scientifiques qui semblent crier dans le désert de nos cerveaux trop occupés par le travail et les multiples tâches à accomplir. Mais la réalité climatique crie de plus en plus fort.

Au Québec, on se sent encore un peu protégés quand on compare aux autres pays, surtout les pays du sud confrontés aux tornades aux inondations catastrophiques, à la hausse du niveau des eaux, à la famine, etc.

On aura de plus en plus à faire face aux changements climatiques auxquels il faudra s’adapter. Et ça, ça va coûter de plus en plus cher.

On a un choix à faire: on minimise les dégâts ou on laisse faire. Si on choisit la première option, on a des changements à réaliser tout un chacun dans nos gestes quotidiens et aussi dans notre implication auprès des gouvernements qui nous représentent.

À nous de manifester nos volontés. C’est ça la démocratie. Soyons-en dignes, exerçons-la.

Pour terminer, je veux dire un immense merci aux citoyens-bénévoles de l’environnement qui travaillent pour nous tous. Ils consacrent beaucoup de leur temps et de leur énergie gracieusement parce qu’ils croient à notre pouvoir de créer un monde meilleur.

Merci à Ristigouche! Merci à tous ceux et celles qui travaillent dans l’ombre, qui ne cessent d’y croire malgré les pressions qui viennent de partout.

Diane Noury

Bécancour