Une expérience humaine en hémodialyse

Mon père a vécu l’expérience de la dialyse durant sept ans. Il a été traité, accompagné et aimé de dizaines de personnes qui travaillent avec acharnement dans ce département du centre hospitalier de Trois-Rivières.

Compte tenu de son état de santé fragile, c’est à cet endroit qu’il passait le plus d’heures par semaine, là où il se sentait important, où il se sentait quelqu’un. Le personnel de ce secteur était devenu ses amis, ses confidents, ses complices et ses anges gardiens.

Il a été considéré comme un homme dans son entièreté et non comme un malade ou un patient, pourtant, ce qu’il était. Il nous a raconté combien les gens étaient surchargés, occupés et stressés mais qu’il a aussi toujours senti que la compassion, le don de soi, le sens du service, l’attention et le professionnalisme étaient au rendez-vous, malgré tout!

Mon père était plutôt sensible à la condition du personnel et cela l’attristait profondément. Pour les aider, il était patient, compréhensif, gentil et se taisait, en soutien à leur cause. Pour lui, leurs défis étaient bien assez grands et très honorables: heures supplémentaires, augmentation de la charge de travail, plus de patients à s’occuper, moins de temps pour bien faire!

Récemment, il terminait son parcours de vie au département des soins palliatifs du même hôpital. Nous avons passé une semaine avec lui dans cet espace de fin de vie et nous aimerions souligner le travail exceptionnel des bénévoles, préposés, infirmiers et médecins que nous avons côtoyés.

Malgré le manque de personnel, la fatigue et les frustrations, ils ont été d’un appui et d’une délicatesse mémorable envers mon père et envers nous, membres de la famille. Ils nous ont permis, par leur humanisme, leur écoute et leurs bons soins, de rendre cette expérience sereine et paisible malgré la peine que nous ressentions.

L’attention portée à notre père fut empreinte de dignité et d’un immense respect et nous en sommes très reconnaissants.

S’il vous plaît, chers décideurs du domaine de la santé, pour tout ça, pour ce qui existe encore et qui est nécessaire pour tous ceux qui vivent ces expériences, faites en sorte que le «FAIRE» ne prenne pas toute la place sur «L’ÊTRE», car pour guérir son corps et son âme, chacun a besoin de temps, d’attention et d’amour!

Rose-Hélène Descôteaux

Chantal Croisetière

Dominic Croisetière

Luc Croisetière

Membres de la famille de Marc Croisetière, décédé le 19 janvier 2018