Une évaluation incomplète et coûteuse

Lettre adressée à Mme Lucie Tremblay, présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Depuis plusieurs mois, nous entendons quotidiennement qu’il y a un manque de personnel dans les hôpitaux.

Nombreux sont les étudiants qui terminent avec succès leur formation en soins infirmiers ayant acquis compétences et expériences à travers les différents stages qu’ils doivent effectuer durant leur parcours de trois ans.

Souvent, avant de se présenter à l’examen de l’Ordre, ils travaillent comme CEPI (c’est-à-dire candidat à l’exercice de la profession d’infirmier) dans différents départements de centres hospitaliers, où ils effectuent les mêmes tâches que les infirmiers et infirmières, mettant en pratique leurs connaissances et acquérant de l’expérience.

Malheureusement, plusieurs de ces CEPI, qui pourtant font un travail exceptionnel en milieu hospitalier, perdent leur droit de pratiquer parce qu’ils ne réussissent pas l’examen de l’OIIQ. On exige une note de 55 %. Ils ont droit à deux reprises, mais malgré cela, pour différentes raisons – que ce soit le stress ou autre –, un bon nombre de ceux-ci n’ont pas la fameuse note de passage. Souvent, il ne manque qu’un pour cent (1 %) comme c’est le cas pour ma fille qui, malgré la meilleure préparation possible, et après avoir dépensé plus de 2500 $ en frais d’examens et de révisions d’examen, a récolté une note de 54 % les trois fois. Ce n’est certainement pas par manque de compétences, bien au contraire, puisque son parcours a été irréprochable que ce soit durant sa formation ou en milieu de travail.

Elle a dû quitter son poste d’infirmière au CHAUR où pendant un an et demi, elle a travaillé dans différents départements en étant appréciée de tous ses collègues et superviseurs, en mettant à profit ses compétences et son empathie auprès des usagers.

Je trouve déplorable que le professionnalisme d’une personne, les aptitudes à accomplir un travail demandant des connaissances, le souci du travail d’équipe mais également l’empathie démontrée envers les usagers ne soient jugés que par un pourcentage à un examen.

L’OIIQ aurait avantage à vérifier le parcours d’un étudiant durant sa formation de même que son évolution en milieu de travail, avant de décider de lui refuser le droit de pratiquer une profession pour laquelle il a mis autant d’efforts.

C’est inconcevable que la sévérité et l’intransigeance de l’OIIQ fassent en sorte que le système de santé se prive d’excellents infirmiers et infirmières qui lorsqu’ils étaient CEPI, faisaient un travail remarquable.

Hélène Beaudoin

Trois-Rivières