Une enquête pour trouver la racine du mal

Lettre adressée à la ministre du Tourisme et députée de Laviolette, Julie Boulet.

Madame la ministre,

Je partage vos propos sur l’implication des gens de l’hébergement de Sainte-Thècle à vouloir donner de bons soins aux patients. Toutefois j’aimerais attirer votre attention sur le cas d’une tante dont je m’occupais qui y a été transférée depuis la résidence Beauregard parce qu’ils avouaient que le cas devenait trop lourd pour la garder à Saint-Tite.

Donc, d’une maison de 17 patients où elle recevait de très bons services, de l’amour et en toute dignité, elle a été transférée dans un établissement de 60 cas très lourds où, la nuit, deux personnes seulement y sont présentes. De plus, le poste de garde étant au deuxième étage, ceci retardant ainsi toute intervention d’urgence et toute surveillance au premier étage où était logée ma tante.

Pour les premiers jours, j’ai demandé à pouvoir embaucher une infirmière privée car ma tante, atteinte d’Alzheimer et perdue dans ce nouveau lieu, souffrait d’une plaie cancéreuse et risquait de se blesser en se levant seule, puisqu’elle ne connaissait pas les lieux et était totalement en panique dans cette nouvelle chambre des soins palliatifs.

Cette personne avait payé toute sa vie durant une assurance pouvant lui permettre, au besoin, d’avoir recours à une infirmière privée. Elle n’avait jamais abusé des assurances et l’assureur jugeait la demande recevable pour quelques nuits, nous informant aussi que la situation serait réévaluée au fur et à mesure. Nous étions très contents de pouvoir recevoir cette aide temporaire du privé.

Hélas, une autorité du foyer de Sainte-Thècle a refusé qu’une infirmière privée vienne prendre soin de notre tante pour quelques nuits. La raison qu’ils ont donnée est que pour eux, accepter la présence d’une infirmière privée serait avouer publiquement que l’institution n’est pas en mesure de prendre soin de ses patients.

Comme élue qui faites votre travail et qui œuvrez avec des dizaines de bénévoles dans Mékinac, ce n’est certainement pas un aveu d’impuissance ou d’incapacité que d’accepter une aide extérieure à votre bureau de comté. Vous comprendrez que ce refus basé sur la raison invoquée par l’autorité du Foyer n’enlevait rien au syndicat ni aux autorités. Ils étaient prêts à accepter la présence des membres de la famille pour veiller sur notre tante aux soins palliatifs, mais refusaient que ce soit une infirmière privée pour quelques nuits, le temps de stabiliser la patiente et ses doses de médicaments. C’est d’autant plus désolant qu’ils ne sont que deux employés pour 60 patients, donc un ratio bien inférieur à la maison Beauregard qui elle, avoue ses limites quand un cas devient trop lourd.

Donc quand on devient trop lourd pour les bons soins du privé, on prend la voie de garage vers un établissement encore plus démuni. Quand l’avertisseur placé sur le matelas donne un signal au deuxième étage que le patient du premier est tombé, il est déjà trop tard, la fracture est faite, la souffrance est envahissante, le cas est trop lourd pour être opéré immédiatement, donc la souffrance perdure, le patient meurt en souffrance et le ministre Barrette se dit désolé plutôt que de chercher la racine du mal, soit deux employés pour 60 cas lourds.

Voilà sur quoi l’enquête devrait aussi s’arrêter car plusieurs personnes pensent qu’il vaut mieux être écrasé par un train que de mourir à petit feu de blessures aggravantes et dans la souffrance dans un établissement plein de bonne volonté mais très à court de ressources.

Louis Perron

Trois-Rivières