L’auteur de cette lettre se désole de voir que les dirigeants de la Ville de Trois-Rivières ont décidé de ne plus réaliser les mosaïques florales qu’on pouvait admirer un peu partout sur le territoire ces dernières années.
L’auteur de cette lettre se désole de voir que les dirigeants de la Ville de Trois-Rivières ont décidé de ne plus réaliser les mosaïques florales qu’on pouvait admirer un peu partout sur le territoire ces dernières années.

Une décision TRès déplorable

OPINIONS / En cette période de déconfinement progressif, les Trifluviens reprennent graduellement leurs habitudes et circulent davantage. Quel ne fut pas mon étonnement, lors d’un de mes déplacements, de constater la disparition des mosaïques florales qui jadis égayaient les quatre coins de notre ville.

Ces œuvres d’art vivantes, conçues avec professionnalisme et la plus grande des minuties, impliquaient divers acteurs du milieu et étaient, en quelque sorte, une des signatures de Trois-Rivières. Chaque année, au retour de la belle saison, les équipes de la ville nous démontraient leur créativité et leur savoir-faire. Cette époque est maintenant révolue.

En effet, des travaux ont récemment été effectués pour démanteler les structures et pour retirer tous les monticules de terre. Ces scènes où l’on retrouvait autrefois couleurs et esthétisme font place désormais à des taches de terre noire désolantes et sans vie. Par exemple, sur le boulevard des Forges, près de la porte Duplessis, nous pouvons maintenant admirer nos drapeaux trônant bien seuls sur les vestiges d’une ère qui fut autrefois plus radieuse. Cette coupe dans l’agrément et la beauté de nos espaces communs permettrait des économies de près de 100 000 $ cette année.

Certains verront ceci comme étant une preuve de saine gestion de nos finances publiques en ces temps de pandémie où des sommes importantes devront être injectées pour relancer notre économie locale. D’autres diront que chaque dollar compte en ce contexte particulier.

Détrompez-vous, cette destruction n’a absolument rien à voir avec la COVID-19. La décision fut arrêtée lors des discussions budgétaires de 2019, bien avant que le masque et la distance de deux mètres deviennent nos copains quotidiens. Un choix calculé, mais peut-être moins assumé si on en croit le peu d’information qui a circulé jusqu’ici.

Il est vrai que la visite se fera plus rare cet été dans la cité de Laviolette, mais n’eut été de ce virus qui bouleverse nos vies et le calendrier événementiel, nos touristes auraient eu droit à un bien triste accueil à l’été 2020. Il me semble que nous sommes plus fiers que ça, non? Plus encore, c’est d’abord et avant tout la population de Trois-Rivières qui bénéficiait de ces mosaïques. L’art et la beauté visuelle de nos espaces ont des impacts positifs dans notre quotidien.

Alors qu’est-ce qui justifie cette TRès désolante décision? Est-ce à dire que la santé financière de notre ville est à ce point mal en point pour qu’il faille en arriver à ce genre de mesure budgétaire ou serait-ce que certains élus ont simplement classé le tout dans la catégorie de «l’inutilité» ou du «non essentiel»?

En gardant cette logique, qu’adviendra-t-il de nos drapeaux, de nos oriflammes, de l’affichage, de nos fontaines et de nos jeux de lumière? Finiront-ils aussi par être catégorisés inutiles et dépenses futiles? La Ville a, de toute évidence, d’autres priorités. Et dire que certains élus clamaient haut et fort que de belles choses se préparaient pour Trois-Rivières. On peut assurément en douter avec ce genre de décision.

Pour ma part, je me range du côté de ceux qui croient qu’il y a encore de la place pour le beau dans nos vies.

À voir la quantité de citoyens se ruer dans les centres jardins depuis les dernières semaines, force est d’admettre que les fleurs ont encore une importance significative pour plusieurs d’entre nous.

Stéphane Guay

Trois-Rivières