Par l’entremise du Programme environnemental GP3Vert, le GP3R plantera 200 végétaux sur les terrains de Chavigny, à compter du 4 juin.

Une décision louable, mais pas assez forte

OPINION / Je voudrais féliciter les organisateurs du Grand Prix de Trois-Rivières pour leur sensibilité envers les changements climatiques. La décision de procéder à la plantation de 200 arbres est louable pour tenter de compenser les émissions de CO2 émises lors de ce rendez-vous annuel. L’augmentation du couvert végétal, d’arbres en particulier, sera essentielle dans nos villes pour nous permettre d’y vivre dans les années à venir. Des gens meurent chaque année à cause de la chaleur et des conditions de l’air.

Je doute cependant que ces quelques arbres compensent la réelle pollution causée par cet événement. Le Journal de Montréal rapportait que les émissions en CO2 de la course de Formule 1 à Montréal, en juin 2018, équivalent à 2500 voitures qui roulent pendant un an. Que deux millions d’arbres seraient requis pour compenser les émissions de cette seule course de F1. Lors de ce type d’événements, il n’y a pas que les voitures de course qui tournent en boucle, avec le seul but d’aller le plus vite possible, à considérer pour en calculer l’impact.

Mais comme je ne suis pas un expert en CO2, supposons que les 200 arbres suffisent à compenser une édition de cet événement. Est-ce que le GP3R sera assez sensible pour faire planter les 10 000 arbres qui correspondent aux 50 années précédentes?

Ce serait selon moi une excellente initiative qui pourrait aider à végétaliser notre ville qui regorge d’îlots de chaleur. En particulier le site de l’Exposition, où se déroule la course, qui n’est qu’un immense stationnement asphalté où l’on retrouve à peine une douzaine d’arbres. Ça pourrait également aider à prévenir les coups de chaleur dont sont victimes chaque année certains spectateurs. Le GP3R ne serait ainsi plus «obligé» de distribuer ou vendre annuellement plus de 40 000 bouteilles d’eau à usage unique.

Je le répète, chaque arbre planté sera bénéfique pour l’ensemble des citoyens. Mais le programme GP3Vert ne fait que nous détourner du vrai problème. La meilleure façon de ne pas polluer avec une voiture (même les constructeurs automobiles l’ont compris), c’est de l’éteindre.

Francis Fortin

Trois-Rivières