Une crise particulièrement alarmante

OPINIONS / Il est malheureux de constater que les effets de la mondialisation des marchés sur nos régions, et ce, depuis la révolution informatisée. Le modèle d’affaires et le mode d’opération des grandes entreprises sont simples: concentrer leurs activités dans des milieux sur lesquels ils peuvent garder le contrôle. La cupidité virale de nos dirigeants d’entreprises à ne pas voir plus loin que la prochaine assemblée des actionnaires ou la prochaine élection nous mènent irrémédiablement vers des crises telles que celle des médias qui sévit actuellement.

L’incapacité institutionnelle de nos politiciens à être à l’écoute et au service de leurs citoyens est sans doute le facteur aggravant le plus notable dans toutes les crises récentes, celle du lait, celle du bois d’œuvre, celle des immigrants, celle de l’ABI, et malheureusement tant d’autres.

Celle des médias est particulièrement alarmante, car elle affecte directement la capacité des citoyens à s’informer.

Dans cette ère de l’information et de la mondialisation des marchés, c’est donc une crise majeure qui affectera non seulement les médias, mais le développement et l’avenir des régions.

Nos gouvernants sont prompts à vouloir offrir une connectivité Internet au plus grand nombre. Un des arguments est que le manque de connectivité est un frein au développement des régions.

Mais c’est surtout la porte d’entrée de fournisseurs de services provenant du monde entier et qui viennent piger dans le chiffre d’affaires et la rentabilité de nos entreprises régionales sans avoir à payer les impôts et taxes.

Croyez-vous que ces fournisseurs de services seraient aussi rentables s’ils devaient, comme toute entreprise œuvrant au Québec et au Canada, se rapporter à l’Agence du revenu du Canada, Revenu Québec, la CNESST, la Régie du bâtiment et payer les impôts, Régime québécois d’assurance parentale, Fonds des services de santé, Régime des rentes du Québec, assurance emploi, etc.?

Sous divers prétextes plus insensés les uns que les autres, nos gouvernants sont incapables d’établir des méthodes et procédures pour récupérer les taxes et impôts impayés dans les abris fiscaux et chez les multimillionnaires.

Il est de mon avis que la crise des médias régionaux ne sera pas la dernière à affecter les régions.

On a beau promouvoir les produits du terroir et l’achat local au niveau régional, l’avenir sera façonné par les multinationales qui fournissent des services, car c’est elles qui dirigent vraiment.

Jacques Marchildon

Saint-Adelphe