Une crise de débordement

OPINIONS / En septembre dernier, je questionnais la décision de fermer l’urgence de Cloutier-du Rivage et craignais l’engorgement à notre hôpital régional. Force est malheureusement de constater que c’est le cas! J’ai vécu récemment une attente de plus de dix heures à notre hôpital régional puisqu’il n’était pas possible de voir la superinfirmière à Cloutier et encore moins possible d’y passer une radiographie. En fait, j’ai passé ma radiographie au CHRTR mais je n’ai jamais vu le médecin de garde, j’ai quitté avant, sans consultation... Il était minuit!

Je peux vous dire à quel point j’étais furieuse de voir tous ces gens agglutinés à l’urgence sans savoir quand viendrait leur tour de rencontrer enfin ce fameux médecin de garde. Je suis assez intelligente pour comprendre que le mauvais temps de ce vendredi sous la glace a provoqué un achalandage supplémentaire mais là n’est pas la question.

Dans un tel cas de débordement, une décision s’imposait: faire entrer un médecin supplémentaire ou plus afin de répondre adéquatement à ces nombreux «clients» en panne de service!

C’était le vide total à notre nouveau centre Cloutier alors qu’on débordait au centre hospitalier régional!

Je ne remets pas en cause la qualité du personnel soignant. Loin de là! Je remets en cause l’organisation du travail. Un ajustement intelligent s’impose dans les cas de débordements.

Peu importe qui a à subir ce genre de situations, c’est inhumain et inacceptable! Étant un peu connue même «légèrement amochée», certaines personnes sont venues m’interpeller sur cette attente. En dix heures, on a le temps de faire le tour de la question! Je me pensais au bureau de comté!

Mais le but de ce texte n’est pas seulement de faire du chialage; c’est de bien faire comprendre à ceux et celles qui ont des décisions à prendre qu’il est temps de descendre sur terre et d’avoir des plans d’urgence. Enlever l’urgence à Cloutier-du Rivage pour en faire un centre de services, ce n’était peut-être pas une mauvaise idée, mais il aurait fallu prévoir le personnel en conséquence! Or ce n’est pas le cas! Et notre hôpital régional, déjà régulièrement en débordement, se retrouve à absorber cette clientèle non servie dans le secteur Est de la ville!

J’ai le bonheur de ne pas à avoir à utiliser souvent ce genre de services, et même si l’expérience de ce vendredi-là fut désastreuse pour moi, il est important de rappeler que la population se doit de signaler son mécontentement face à de telles situations afin que les choses s’améliorent une fois pour toutes! Le Québec met une petite fortune dans le domaine de la Santé, vaut aussi bien que ce soit fait intelligemment et efficacement!

Noëlla Champagne

Ex-députée de Champlain

Trois-Rivières