Le candidat conservateur, Yves Lévesque

Une belle-mère pour Trois-Rivières? Non merci!

OPINIONS / Une belle-mère est un terme péjoratif utilisé en politique pour décrire un ancien élu qui critique, embarrasse, s’ingère, etc. Bref, se met le nez dans son ancienne vie où on ne l’attendait plus.

Yves Lévesque tombe malheureusement dans cette catégorie. Il a invoqué des raisons de santé pour justifier son départ, un peu plus d’un an après sa réélection. Plus tard il a laissé entendre que c’est le climat autour de la table du conseil municipal qui aurait surtout concouru à son départ. Individuellement, Yves Lévesque, l’homme, est probablement une très bonne personne qui devrait profiter de sa bonne santé retrouvée. Mais quand il est question de politique, l’intensité monte de plusieurs crans chez Monsieur Lévesque.

Yves Lévesque a toujours eu de la difficulté à composer avec ceux qui n’étaient pas de son avis. C’était vrai lorsqu’il était maire, imaginez ce que ce serait s’il était élu et revenait au sommet de la pyramide. Travailler directement ou indirectement avec le conseil de ville de Trois-Rivières serait un incontournable et le maire ne saurait être le seul interlocuteur. Comment serait-il capable de connecter avec des gens qui l’ont rendu malade? Serait-il capable d’écoute? En tant que député fédéral, voire ministre, son rôle serait de se mettre à l’écoute et au service des élus municipaux, de travailler avec les autres élus fédéraux, (même ceux des autres partis) et provinciaux de la région. Yves Lévesque au service de quelqu’un alors qu’il se retrouve où il a toujours rêvé d’être: aux commandes. Imaginez la dynamique.

Et la relation avec le maire actuel qui a été, avouons-le, élu par et grâce, en bonne partie, à la machine électorale d’Yves Lévesque. Notre maire doit-il être considéré comme étant en dette face à son prédécesseur? Saura-t-il lui tenir tête au besoin ou Yves Lévesque lui imposera-t-il SA vision des choses? La question mérite d’être posée.

Yves Lévesque ne s’en cache même pas, il veut un ministère. C’est probablement quelque chose qu’il a négocié avec Andrew Scheer avant même de faire le saut et de risquer à nouveau sa santé. La présence fréquente de Scheer à Trois-Rivières est déjà un bon indicateur de ce qui s’en vient s’il est élu. Yves a donc un peu vendu son âme au diable. Que sera-t-il prêt à sacrifier pour obtenir un ministère? Défendre les lignes d’un parti dont les orientations, les croyances et les priorités sont d’abord celles de l’ouest du pays. Un pipeline qui va couler tôt ou tard dans votre cour ou votre rivière, ça vous tente? Les droits des femmes, constamment remis en question dans les gouvernements conservateurs? Il va se tenir debout ou suivre la ligne de parti?

Le 21 octobre, pensez à tout ça avant de mettre votre X dans le petit rond blanc. Vote choix n’aura jamais été si important. Vous ne voterez pas pour un premier ministre mais d’abord pour quelqu’un qui va vous représenter solidement et sans rien devoir à personne. Ça ferait du bien de repartir sur une page blanche pour commencer une nouvelle histoire.

Luc Gélinas

Trois-Rivières