Une «Antichambre» pour le conseil?

L’éditorialiste Martin Francoeur saluait récemment, avec raison, une avancée majeure pour la démocratie municipale, soit la télédiffusion des séances publiques. Il estimait l’expérience concluante puisque la première s’est effectivement déroulée sans anicroche. Mais au regard de l’objectif de rendre la politique municipale plus intéressante aux yeux des citoyens ou concernant le souhait de transparence, peut-on vraiment parler d’expérience concluante?

La télédiffusion des séances est certainement un pas dans la bonne direction. Mais il faut faire plus. Quand on considère le contenu informatif, il faut reconnaître que c’est le déroulement même des séances dites publiques qui pose problème. En effet, peut-on parler de séance «publique» quand tous les sujets ont été discutés préalablement à huis clos? Sommes-nous en présence d’un exercice de communication quand tous les points sont présentés à vitesse grand V avec des explications minimales? Pour info, à la dernière séance, on a expédié une centaine de sujets en moins d’une heure. Faut le faire! Peut-on estimer, de plus, qu’il s’agit d’une occasion de voir nos élus à l’œuvre quand toute leur participation se limite à déclarer «Je propose» et «J’appuie»?

Chose certaine, il faudra apporter des améliorations au concept si on veut retenir les citoyens au-delà d’un premier intérêt marqué par la curiosité. Actuellement, la séance publique semble davantage une formalité administrative qu’un moment privilégié où les élus parlent aux citoyens. Le plus important changement nécessaire consiste à identifier un bon nombre de sujets qui devraient être discutés en public. Il importe de savoir ce que nos élus pensent des différents points soulevés. Il faut donc faire en sorte que la séance du conseil soit véritablement un lieu de communication avec la population.

Voici des suggestions pour rendre l’expérience plus captivante. Peut-on imaginer une émission préconseil, genre «L’Antichambre» où des commentateurs, journalistes, maire ou conseillers, pourraient venir expliquer les enjeux à être présentés à la séance? Un bref débat pour contre pourrait rendre le sujet encore plus vivant. Des capsules vidéo publiées sur la page YouTube de la Ville pourraient également préparer le terrain aux discussions prévisibles. Et pourquoi pas accueillir les questions du public, en direct, par texto ou courriel? Ne serait-ce pas là des façons de voir la démocratie à l’œuvre?

Félicitations pour ce premier pas! Vivement un deuxième!

René Lord

Trois-Rivières