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Une année à oublier, vraiment?

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / Au cours des dernières heures de 2020, j’ai pris le temps de réfléchir à mon année avant d’en commencer une nouvelle.

Oui, évidemment, il y a eu le virus, la maladie, le confinement, la peur, le stress. Mais est-ce que c’est ce qui me vient à l’esprit présentement quand je repense à cette grosse année?

Non, pas vraiment.

Je pense à mon fils, avec qui j’ai passé beaucoup de temps. À nos randonnées quotidiennes à vélo au printemps où nous avons exploré notre quartier de fond en comble en jasant de tout et de rien. À nos sorties au parc, à nos bricolages, à nos concours de drinks, à nos expérimentations en cuisine. Aux activités spéciales que je lui inventais pour l’occuper pendant qu’on travaillait.

Je pense à mon employeur, qui m’a permis un horaire hors standard que je n’aurais jamais cru possible, afin de me faciliter la vie et me permettre de concilier la vie travail-famille-pas d’école-pas de camps de jour-pas de service de garde, etc.

Faire l’école à la maison, ce dont je ne me serais JAMAIS cru capable.

Expérimenter le télétravail et aimer ça. Beaucoup.

Le «Allo!» quotidien de mon fils, lorsqu’il franchit la porte de la maison, en revenant de l’école en autobus, tout fier de sa nouvelle autonomie et heureux comme jamais d’avoir pu passer toute la journée avec des amis.

Les pauses du midi en tête à tête avec mon amoureux, où on en profite pour prendre l’air et aller marcher ou jogger dans le quartier ou qu’il en profite pour nous cuisiner des biscuits.

Profiter de la nature autrement, en découvrant des sentiers inexplorés de ma ville et de mon quartier.

Improviser dans les recettes, et remplacer tous les ingrédients que je n’ai pas par autre chose que j’ai déjà.

Jardiner, encore plus, et cuisiner vraiment local avec le contenu de mon panier bio. Faire des conserves, du séchage, de la congélation de fruits et légumes de saison et les utiliser durant l’hiver, avec un sourire de bonheur à chaque fois.

M’asseoir pendant des heures dans ma propre cour et y observer les beautés que je ne remarquais plus: les jolies fleurs, les oiseaux dans les arbres, le mignon petit lièvre qui passe faire sa tournée de grignotage quotidienne, le nid de tourterelles qui s’est rempli de bébés deux fois durant l’été, entendre ce moment, au printemps, où on est passé de bourgeons silencieux à petites feuilles qui bruissent dans le vent.

Marcher. Tous les jours. Dans ma rue, dans le quartier, dans la nature, dans le centre-ville désert. Y remarquer plein de petits détails intéressants, regarder les plantes, les décorations de Noël, les bonshommes de neige et les arcs-en-ciel dans les fenêtres.

2020, c’est aussi recevoir une truite fumée en cadeau sur le pas de ma porte, échanger des bouteilles de rhum avec mon voisin, cuisiner un pâté végétarien dans trois cuisines simultanément avec ma sœur et mes parents, brasser une bière en plein air avec des amis et l’embouteiller en famille dans le sous-sol, partager de la nourriture avec des amis dans un stationnement, masqués et à deux mètres, et revenir à la maison pour tout goûter, à distance mais ensemble, et trouver le moyen d’avoir du plaisir et de rire beaucoup. C’est tout cela. Et plus encore.

Alors 2020, une année à oublier? Vraiment pas.

Francine Lamy
Trois-Rivières