Très difficile de croire la bonne volonté dans les négociations avec une telle image de «poing en l’air».

Un T-shirt qui vaut mille mots

Je n’en croyais pas mes yeux lorsque cette photo d’employés d’ABI est passée dans ce journal. Très difficile de croire la bonne volonté dans les négociations avec une telle image de «poing en l’air»... Était-ce simplement le message à passer avant le vote sur l’acceptation ou non de l’offre finale de la direction de l’ABI?

J’ai déjà connu par le passé, dans un de mes emplois, un syndicat qui aimait bien ce genre de démonstration de force. À l’époque, il y avait parmi les employés des «grandes gueules» qui véhiculaient constamment des messages négatifs sur l’employeur, dans le but, bien entendu, de faire comprendre la chance d’avoir un si bon syndicat qui nous protège de tous les abus possibles des méchants patrons. Il y avait aussi à cette époque les «gros bras» qui venaient vérifier si tu avais bien compris les consignes des gars du syndicat, genre fallait pas aller trop vite afin de ne pas hausser la production, et enfin il y avait les «gros yeux» qui te passaient plein de messages si tu osais contester une idée du syndicat aux réunions... qui se votaient, soit dit en passant, à mains levées.

Mais c’était dans l’ancien temps... Aujourd’hui les syndicats ont grossi et évolué, les cotisations ont augmenté... à un point tel que certains syndicats se paient même des territoires de pêche et de chasse pour leurs dirigeants... avec l’argent des travailleurs.

Aujourd’hui, nous savons tous que la compétition internationale est tellement forte qu’il vaut mieux faire certaines concessions afin d’assurer les emplois et la rentabilité de l’entreprise. Ne pas juste viser d’être bons, mais de viser à être les meilleurs; ce n’est pas toujours un syndicat qui va empêcher ça, car aujourd’hui, ils ont évolué!

Concernant l’ABI, ce qui est étrange, c’est que depuis l’ouverture de cette usine, il semble que c’est toujours à couteaux tirés, malgré le fait que plusieurs changements de direction ont eu lieu pendant toutes ces années. Malgré des salaires parmi les meilleurs de la région, il y a toujours de l’insatisfaction parmi le personnel syndiqué... ce qui me semble anormal. Par chance, il y a la relève, les jeunes employés, qui à mon avis seront appelés à se prendre en main et décider de leur avenir. À eux de travailler pour changer cette façon de faire.

Je rêve pour vous des jours où la présentation par le syndicat des conventions négociées se fera par conférence web (sans pression...) et où l’employeur aura aussi la chance, cette même journée, de présenter, par conférence web aussi, sa vision de l’offre. Impossible d’avoir une juste opinion en écoutant seulement une version. Cette façon de faire est désuète et dangereuse (trop facile de manipuler l’opinion des employés). Un juge entend habituellement les deux parties avant de rendre une décision; alors, dans cette cause, c’est votre droit à tout un chacun d’être mieux informés avant de rendre votre jugement.

Peut-être qu’à partir de cette ouverture et de cette transparence, verrons-nous un jour, inscrit sur des T-shirts «TOUS UNIS AVEC ABI».

Michel Bourgeois

Trois-Rivières