L’auteur de ce texte trouve étonnant que les organismes et associations représentant des personnes concernées directement par Vision zéro, notamment les personnes vivant avec un handicap physique, ne soient pas encore intervenus dans le débat actuel.

Un silence étonnant!

OPINION / Le projet Vision zéro a provoqué un débat public comme on en a vu rarement à Trois-Rivières. Le Nouvelliste a publié dans ses pages de très nombreuses lettres d’opinion auxquelles se sont ajoutés quelques éditoriaux. Les entrevues à ce propos ont été également nombreuses chez nos stations locales radio et télé. La participation en grand nombre de citoyens aux assemblées du conseil municipal et aux récentes journées de consultation publique témoigne également de l’intérêt de la population. Sans oublier bien sûr les réseaux sociaux qui se sont enflammés sur le sujet. En somme un vrai débat citoyen, très sain pour la vie démocratique.

Dans un tel contexte d’effervescence, on se serait attendu, il me semble, à entendre le point de vue d’organismes et d’associations qui affirment avoir mission de promouvoir et défendre les intérêts de leurs membres et des personnes qu’ils disent représenter et qui, de toute évidence, sont concernées au plus haut point par le projet Vision zéro. C’est le cas, notamment, des personnes vivant avec un handicap physique.

Vision zéro, pour zéro accident, est un concept qui, tel qu’on le présente sur le site internet de la ville de Trois-Rivières, propose de penser et concevoir les routes autrement en accordant la priorité, non plus à l’automobile, mais à «la sécurité des personnes vulnérables, qu’elles marchent ou qu’elles utilisent n’importe quel appareil de mobilité léger, du vélo au fauteuil roulant.»

Les personnes vulnérables, qui peuvent parfois avoir de la difficulté à se faire entendre, devraient, à mon avis, pouvoir compter sur les organismes et associations censés les représenter pour défendre et promouvoir leur point de vue dans des débats citoyens d’importance comme celui en cours présentement à Trois-Rivières. Or, je n’ai pas entendu ce point de vue et ce silence m’étonne. Si ces organismes et associations restent en marge de semblables débats, sur qui peuvent alors compter les personnes vulnérables pour se faire entendre?

Il faut saluer ici la prise de parole de l’organisme Roulons Vert qui, en cohérence avec sa mission de représentation et sensibilisation, a fait connaître publiquement sa position dans le débat actuel. Que celle-ci ait été plutôt favorable à Vision zéro, là n’est pas la question. Ce qu’il faut retenir ici c’est que Roulons Vert s’est inscrit dans la discussion publique en apportant un éclairage qui s’appuyait sur l’expertise qu’il détient dans son champ de compétences. Ce faisant, l’organisme a enrichi le débat en cours.

Espérons que les associations et organismes concernés prendront acte de la pertinence du geste posé par Roulons Vert et ajouteront leur voix dans les débats publics qui concernent les besoins et intérêts de leurs membres et des personnes qu’ils représentent. Il en va de la richesse des débats citoyens mais aussi, et cela en tout respect pour les organismes concernés, de la reconnaissance ou non de leur contribution à la réflexion collective sur des enjeux de société.

Jean-Claude Landry

Trois-Rivières