Un scandale éhonté!

Une pente dangereuse, un glissement dans le vivre ensemble, menace encore une fois les principes fondamentaux du système d’éducation québécois. La transmission des savoirs est stoppée sans préavis, depuis mardi soir, à l’UQTR. Les gens de l’administration ont verrouillé le savoir alors qu’ils sont en pleine négociation avec le corps professoral. C’est tout à fait inadmissible, injustifiable. Un scandale éhonté.

Peut-on mettre en lock-out les médecins d’un hôpital? Bien sûr que non. Ils sont un service essentiel financé à même nos taxes afin de remplir une mission vitale. Et les détenteurs de doctorats, les professeurs cliniciens, les chercheurs? Ne sont-ils pas également un besoin essentiel? Comment peut-on sans vergogne mettre en jeu une des assises fondamentales de notre société? La réflexion, les connaissances, les raisonnements, la philosophie, les découvertes scientifiques, les valeurs, viennent d’être mis au rang des budgets, des ratios coût-efficacité-rendement-performance comme le serait une entreprise privée! Est-ce vraiment notre choix de société?

Le recteur, Daniel McMahon, a pris cette décision avec rudesse, sans préavis. Quelles sont donc les motivations de cette administration? Est-elle de connivence avec une stratégie politique digne du gouvernement provincial qui, depuis le début de son mandat, n’a pas cessé d’attaquer notre système d’éducation du primaire et secondaire?

Souvenons-nous des parents et des enseignants qui ont tenu à bout de bras la valeur cruciale de l’éducation de nos enfants en nous disant qu’ils étaient victimes d’une aberration scandaleuse. Souvenons-nous des infirmières et des professionnels de la santé qui ont crié à en perdre le souffle depuis l’arrivée du gouvernement Couillard que le système de santé, notre fierté nationale, était menacé. Le début d’une crise se pointe à l’horizon. Entendons, écoutons!

Comment se fait-il que cette crise ce ne soit pas à la une de notre presse québécoise? Les professeures de l’UQTR s’en vont en guerre pour protéger un pilier de notre société québécoise. Ils ont besoin de savoir que nous sommes tous derrière eux. Ils ont besoin de résister, coûte que coûte, à l’agression évidente contre l’avenir même de notre société. Si les professionnels de l’UQTR cèdent à l’absurdité de cette situation, qu’adviendra-t-il des autres institutions universitaires? Qu’adviendra-t-il des autres institutions publiques?

Les professeurs de l’UQTR sont les nouveaux visés à passer au hachoir des administrateurs et des politiques du gouvernement libéral actuel. En tant que société, le Québec doit réagir rapidement et fortement afin d’affirmer haut et fort la nécessité vitale de leur résistance.

Diane Dupras

Trois-Rivières