Frédéric Laurin

Un savoir au service de la région

TROIS-RIVIÈRES — L’organisme GROUPÉ a été fondé dans la région par un groupe d’entrepreneurs visionnaires. L’idée générale avait été lancée par un professeur de l’UQTR, Frédéric Laurin, en 2013. C’était lors d’une conférence livrée à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières. Non content de lancer cette suggestion, il s’est impliqué dans le projet, à titre de professeur, mais également à titre personnel.

M. Laurin avait initialement proposé la création d’une grande agence de développement économique régionale. Le milieu économique a rapidement pris la balle au bond. En 2013, la région vivait en effet la fermeture de Gentilly-2. Il y avait beaucoup de fermetures d’entreprises et un taux de chômage très élevé. «Il fallait qu’on pense à quelque chose», se souvient-il. «C’était vraiment très gris.» Le professeur Laurin avait alors construit un indicateur de performances économiques régionales démontrant que la Mauricie était alors au dernier rang avec la Gaspésie.

La région avait pourtant tout ce qu’il fallait pour réussir. Pour Frédéric Laurin, c’était «comme avoir une Ferrari, mais tout le monde était sur la banquette arrière».

L’idée d’un partenariat économique Mauricie et Rive-Sud commence alors à surgir. «Daniel Ringuette d’Énergir est venu me voir. Il m’a dit que les gens en parlaient beaucoup, mais qu’il fallait que je le démarre parce que ça ne partirait pas tout seul», raconte le professeur Laurin. «J’avais le concept. Il avait la motivation. On a réuni un groupe d’entrepreneurs et on a fondé GROUPÉ. L’idée, c’était d’accélérer la diversification économique», explique-t-il. «On avait identifié les secteurs porteurs», dit-il et une table de concertation s’est formée pour chaque secteur.

«Les chefs d’entreprises avaient besoin de se parler», dit-il.

L’économiste spécialisé en développement régional se retrousse alors les manches. En attendant que le nouvel organisme bénéficie d’un directeur général et d’autres employés, il contribue à monter l’organisation, donne un coup de pouce au niveau de l’administration, des réservations de salles, de l’ordre du jour des réunions. «Je le faisais vraiment en mon nom personnel. Ce n’était pas un mandat de l’UQTR», dit-il. «J’avais l’aide des chefs d’entreprises», précise-t-il. «On a construit le conseil d’administration. On a fait les statuts. On a trouvé le nom de GROUPÉ et le logo. On a fait le site web, puis on est allé chercher un peu de financement pour embaucher le directeur général», raconte-t-il. «Depuis ce temps-là, je suis davantage en appui stratégique», dit-il, c’est-à-dire «dans la réflexion stratégique, l’identification des problématiques des entreprises et des opportunités. J’analyse le genre de projets qu’on pourrait faire et je compile des statistiques», résume-t-il.

«C’est quelque chose que j’aime. C’est mon domaine, le développement régional», fait-il valoir. En revanche, le fait de voir comment les choses se passent de façon pratique sur le terrain est quelque chose «qui finit par m’aider pour ma recherche. Je comprends mieux un paquet d’affaires», dit-il.

Il faut dire que notre Tête d’affiche est par nature un homme d’équipe. On parle ici d’un joueur de ballon sur glace qui a participé à de nombreux championnats mondiaux, canadiens et québécois.

Frédéric Laurin a également fait une partie de ses études supérieures en Europe où il a pu observer et étudier les économies de divers pays. «Les Européens ont vraiment une politique européenne de développement régional», dit-il. C’est toutefois le cas de la Rust Belt et du mouvement Cleveland Tomorrow, en Ohio, qui lui inspirera le modèle de GROUPÉ.

«Les chefs d’entreprises sont mes héros et modèles. Ce sont des gens impliqués dans leur communauté et ce sont des visionnaires», dit-il. On est loin du «méchant capitalisme», assure-t-il. «Ce sont des gens qui ont de belles valeurs.»

Un an après son entrée comme professeur à l’UQTR, Frédéric Laurin mettra également son talent et ses compétences en économie en publiant, en 2009, le livre Où sont les vins? aux éditions Hurtubise. Ce denier prône l’ouverture de petits cavistes ayant une offre différente, mais complémentaire, à la SAQ.