Un rendez-vous manqué?

OPINIONS / Le 5 juin dernier, la ville de Louiseville a rendu hommage à monsieur Anthony Delatri, un de ses citoyens les plus notoires, en baptisant le centre de tennis local à son nom. C’est devant un parterre composé de dignitaires politiques et sportifs, de membres de sa famille, d’amis ainsi que d’anciens coéquipiers et d’élèves que la cérémonie s’est déroulée. Le maire de Louiseville ainsi que madame la conseillère Sylvie Noël, responsable du comité ad hoc mis en place pour l’occasion ont rappelé quelques grands moments de la carrière sportive et culturelle du jubilaire tandis que Julie, la fille cadette de monsieur Delatri, a pris la parole pour exprimer la joie et la reconnaissance de toute la famille devant cet honneur.

Les invités furent ensuite conviés à se rendre à la Maison du Commis Voyageur, ce merveilleux petit centre culturel de Louiseville, pour partager un copieux buffet offert par le conseil municipal et pour goûter 97 des 8000 caricatures qu’aura réalisées monsieur Delatri pendant son passage au Nouvelliste et à l’Écho de Maskinongé.

Monsieur Delatri, qui célébrait son 97e anniversaire de naissance ce jour-là, n’en finissait plus de manifester sa gratitude envers les autorités de sa ville d’adoption.

Mais, moi, j’étais l’homme le plus désappointé de la terre. Pour moi, la ville de Louiseville avait manqué son plus important rendez-vous avec l’Histoire de la municipalité depuis longtemps. Je m’explique.

Je n’ai pas de mérite, mais je fus celui qui, lors de la réunion régulière du conseil municipal en février dernier, a suggéré aux élus de profiter du prochain anniversaire de naissance de monsieur Delatri pour en faire le premier Grand Louisevillois de l’histoire.

Le maire accueillit favorablement ma suggestion et m’invita à faire partie d’un comité ad hoc qui serait piloté par la conseillère Sylvie Noël. Il prit le temps de dire au représentant du Nouvelliste: «On veut que le 5 juin devienne la journée Delatri!»

Dès la première rencontre avec madame Noël, à laquelle s’était jointe madame la conseillère Murielle Bergeron, j’ai indiqué que même si une politique de reconnaissance citoyenne n’était pas encore adoptée par la Ville, on ne pouvait pas se permettre de ne pas tirer profit de cette journée Delatri. Mes deux collègues reconnaissaient la contribution exceptionnelle d’Anthony Delatri au développement du sport et des arts à Louiseville, mais il m’a fallu quelques rencontres avant de convaincre madame Noël de la pertinence de faire de Delatri un Grand Louisevillois.

Comme je n’étais qu’une ressource externe, je n’ai pas été impliqué dans l’organisation de cette journée. J’ai appris tardivement qu’il n’y aurait pas de rencontre formelle et officielle à l’hôtel de ville de Louiseville, qu’il n’y aurait pas de signature du Livre d’or de la municipalité et de séance de photographie pour souligner cet événement historique. En fait, ce n’est qu’après la cérémonie de désignation du site de tennis que j’ai finalement pris conscience que le 5 juin 2019 n’avait pas été le jour où Anthony Delatri était devenu un Grand Louisevillois pour toujours.

Ce rendez-vous pourra-t-il avoir lieu un jour? C’est l’Histoire qui nous le dira, mais, en attendant, force est de reconnaître qu’on a raté toute une occasion d’inscrire un homme d’exception dans la mémoire collective de sa communauté.

Michel Neveu

Louiseville