Un premier ministre économique?

En fin de semaine dernière, le chef de la Coalition avenir Québec est venu nous promettre que s’il est élu, il sera un «premier ministre économique». Quelque temps avant, dans une intervention, il demandait: «Est-ce que vous préférez un premier ministre médecin ou un premier ministre homme d’affaires?»

Il faut bien dire que les docteurs politiciens ne nous ont pas beaucoup impressionnés ces dernières années: Couillard, Barrette, Bolduc (vous vous rappelez d’Yves Bolduc? ce ministre-docteur qui avait le chic pour s’empêtrer dans les controverses).

Donc, il nous faudrait un premier ministre homme d’affaires? Cela devrait nous rassurer: pensons entre autres à Donald Trump (un homme d’affaires) ou à Stephen Harper (un économiste) qui, au pouvoir, ne nous ont pas montré une sensibilité exceptionnelle pour le bien-être du petit peuple.

Chacun à sa manière, le Parti libéral du Québec et la CAQ sont des tenants de l’idéologie néolibérale dont un aspect majeur est le projet de réduire l’intervention gouvernementale et de laisser agir les soi-disant mécanismes du soi-disant libre marché. D’ailleurs, une promesse importante de la CAQ est de réduire la taille du gouvernement en nous débarrassant des méchants bureaucrates et ce, couplet déjà entendu, sans réduire les services à la population. Les détails? on verra plus tard; il ne faut pas que le programme soit dévoilé trop vite de peur de se faire voler les idées par le PLQ.

La stratégie classique de ces idéologues est de baisser les impôts quand l’économie va bien puis de couper les services quand ça va moins bien. On en a ici une variante inquiétante qui consiste à annoncer des coupures alors que l’économie est florissante. Qu’est-ce que ce sera quand l’économie va battre de l’aile.

Ces jours-ci, je lisais le dossier de L’Actualité de juillet 2018 sur les fraudes alimentaires. Il est stupéfiant (et angoissant) de voir le nombre de crapules qui sont prêtes à nous intoxiquer de toutes les manières possibles quand le gouvernement regarde ailleurs ou est absent. Pensons également à ce que nous a coûté la réduction du nombre d’ingénieurs au ministère des Transports, etc.

Le constat évident est que seul un gouvernement fort (mais bien surveillé, évidemment) peut assurer la protection des intérêts de l’ensemble.

Les électeurs ont, paraît-il, soif de changement. Il ne faudrait pas laisser ce désir obscurcir notre esprit critique. Examinons les programmes et posons des questions avant de voter.

René Hould

Trois-Rivières