Un plan pour reconstruire la maison

OPINIONS / Lettre adressée aux députés provinciaux Simon Allaire (Maskinongé) et Caroline Proulx (Berthier), ainsi qu’au député fédéral Yves Perron (Berthier-Maskinongé).

Avril, la neige fond si vite qu’on regarde avec méfiance les rivières, dont le débit s’emballe. Depuis les inondations catastrophiques de 2017, il n’est plus possible de reconstruire une maison en zone inondable, après qu’elle ait été détruite. Il serait effectivement dommage de reproduire la même erreur, alors qu’il est possible de reconstruire sur des bases, ou plutôt un terrain, solides.

C’est exactement ce que nous offre présentement la crise de la COVID-19. Une occasion unique, de celles qui ne se présentent qu’une fois, de reconstruire en mieux. Québec a d’ailleurs mis sur pied un comité ministériel dont le rôle sera de relancer l’économie. Nous sommes surpris et inquiets de constater que le ministre de l’Environnement n’y siège pas. Car ne nous racontons pas d’histoires, la situation actuelle n’est qu’un avant-goût de la crise climatique, dont les effets se font déjà sentir. Migrations involontaires massives, tensions politiques, catastrophes naturelles, épisodes météorologiques extrêmes et pénuries de ressources se dressent à l’horizon.

Pour éviter le pire et augmenter notre résilience collective, nous devons sans plus tarder délaisser l’économie du passé et nous tourner vers une économie d’avenir. Laissons derrière des projets tels que GNL-Québec et le troisième lien. Investissons plutôt dans l’agriculture de proximité, la mobilité durable, l’économie sociale et circulaire, la protection de la biodiversité et les technologies vertes. Créons des emplois durables qui feront la fierté de tous. Bâtissons un Québec fort de ses ressources et de ses gens. Faisons que chaque dollar investi dans la relance ait des répercussions positives à la fois sur l’économie, la société et l’environnement.

De la noirceur de la pandémie émane une solidarité improbable. Chacun redécouvre l’importance de la communauté et de l’achat local, au profit des entreprises d’ici, durement touchées par la crise. Il devient évident que la santé, l’autonomie alimentaire et les liens qui nous unissent sont ce que nous avons de plus précieux. Profitons de ce pas de recul pour faire dix pas en avant. Accélérons enfin la transition écologique et sociale.

En tant que députés, nous vous demandons de porter notre voix à l’Assemblée nationale et à la Chambre des Communes, d’exiger que nous sortions de cette crise en changeant de paradigme pour éviter le pire et bâtir le meilleur. À commencer par ici, concrètement, dans notre circonscription. Dotez-nous d’un plan ambitieux et rassembleur tant à l’échelle locale que provinciale. Notre comité, déjà actif sur le territoire, demeure disponible pour vous aider.

Le Québec est à la croisée des chemins: retomber dans le piège de la croissance à tout prix ou repartir à neuf avec une économie humaine et raisonnée? Tout projet qui nous éloigne de la lutte contre les changements climatiques nous rapproche du lit de la rivière. Ce n’est pas un bon endroit pour construire une maison dans laquelle il fera bon vivre.

Pour le Comité citoyen carboneutre de la MRC de Maskinongé:

Geneviève Rajotte Sariol

Thierry Archambault-Laliberté

Jean-Nick Trudel

Saint-Élie-de-Caxton

Geneviève Richard

Saint-Sévère

Amélie St-Yves

Sainte-Ursule

Pour le Comité vigilance hydrocarbures de la MRC de Maskinongé:

Pierre Foisy

Saint-Édouard-de-Maskinongé

Ainsi que plusieurs représentants d’organismes et de comités oeuvrant sur le territoire de Lanaudière.