L’auteur de cette lettre suggère quelques pistes pour élaborer un plan de relance pour la Ville de Trois-Rivières lorsque la pandémie sera terminée.
L’auteur de cette lettre suggère quelques pistes pour élaborer un plan de relance pour la Ville de Trois-Rivières lorsque la pandémie sera terminée.

Un plan de relance pour Trois-Rivières!

OPINION / En temps de crise, la partisanerie politique n’a pas sa place. Nous devons tous contribuer à mettre l’épaule à la roue pour faire face à la crise, mais également pour penser la relance qui sera nécessaire. Voilà pourquoi, de son côté, le gouvernement provincial a mandaté quatre ministres, dont le ministre Boulet, pour réfléchir l’après-crise. Sûrement que de son côté, la Ville de Trois-Rivières y travaille déjà. Voici donc quelques idées qui pourraient être évaluées pour la relance de notre ville.

1. Miser d’abord et avant tout sur le développement local

La crise nous aura permis de reprendre conscience de l’importance de l’achat local. C’est bon pour l’écologie et c’est bon pour nos entreprises. Une campagne soutenue pour favoriser l’achat local, des moyens pour faciliter ces achats et un objectif ferme de la ville d’augmenter de façon significative ses achats locaux sont des façons de relancer rapidement notre économie, tout en préservant une perspective de transition écologique. Le même engagement pourrait être mis de l’avant par nos institutions publiques telles l’UQTR ou encore le Cégep.

Nous constatons à travers cette crise que notre façon de se fournir en fruits et légumes, importés de tous les coins de la planète, a des limites et un impact environnemental important. Investissons dans ce que l’on appelle les «circuits courts» c’est-à-dire la possibilité de se fournir avec les producteurs locaux et régionaux. Soutenir davantage l’agriculture urbaine (jardins communautaires, toit vert, serres en ville, etc.) et la sécurité alimentaire irait également dans ce sens.

2. Investir davantage dans les infrastructures

Chaque année, la ville adopte ce que l’on nomme un plan triennal d’immobilisations. C’est-à-dire les grands travaux qu’elle va réaliser. Ces travaux ne passent pas directement dans le budget d’opération de la ville mais bien en emprunts remboursés graduellement. Dans le but de relancer l’économie et de limiter les faillites, la Ville doit revoir son plan triennal et devancer certaines dépenses de grands travaux notamment en culture (exemple: rénovation de J.-Antonio Thompson) et des investissements qui favorisent l’environnement tel le développement de notre réseau cyclable et de marche. L’amélioration de notre système des eaux usées pour éviter les surversements dans la rivière Saint-Maurice ou dans le fleuve est une autre dépense que nous pourrions accélérer.

Nous pourrions investir dans l’utilisation d’énergie renouvelable (solaire et électricité) pour les 400 édifices municipaux en éliminant complètement le chauffage à l’huile ou au gaz. La mise en place d’un système d’autopartage serait également un plus pour notre ville et favoriserait la diminution de la deuxième ou troisième voiture dans les familles. Accélérer l’électrification de la flotte de véhicules de la Ville et continuer à rendre plus efficace notre système de transport en commun sont deux moyens de contribuer à la relance économique et écologique.

Il serait intéressant d’investir davantage dans l’amélioration de nos parcs et espaces verts.

3. Donner un peu d’air aux citoyens et aux entreprises

Si on veut relancer la vie économique, il est souhaitable de donner un répit aux citoyens et aux entreprises par différents moyens:

- Permis de rénovation et de construction gratuit pour un an;

- Taxes municipales payables en plusieurs versements sans intérêt;

- Si la crise se termine avant l’été, permis de terrasse gratuit pour cette année;

- Offrir 3 mois de gratuité du système d’autobus pour inciter les gens à expérimenter son utilisation;

- Maintenir le congé de paiements offert actuellement par IDETR pour les entreprises qui leur doivent de l’argent.

Les Trifluviens savent être solidaires et vont renaître encore plus fort suite à cette crise. L’important c’est d’être proactif, de ne pas penser que tout va s’arranger sans rien faire. Ce serait de la pensée «magique». Servons-nous de cette crise pour nous améliorer et amorcer réellement une transition écologique devenue plus que nécessaire. Trois-Rivières, une ville verte? Pourquoi pas!

Et vous? Quelles sont vos idées pour une relance de notre ville?

Jean-François Aubin

Trois-Rivières